Galerie Axolotl

Découverte de la galerie Axolotl dans un quartier de Toulon en plein rénovation. On y présentait cet été, quelques mois après LO/A à Paris deux projets d’édition.

pOster est un format 290 x 410 mm tiré a 500 exemplaires des éditions Guilt by Association. Propositions photographiques d’artistes autour du thème du corps, du genre et de la sexualité. Composé de 20 tirages de tête en impression pigmentaire (tirage en très haute définition réalisé généralement sur un papier neutre 100% coton et dont la longévité et la richesse de valeurs sont supérieures au tirage photo argentique) numérotés et signés par l’artiste et vendus 45 euros l’unité. Les 480 autres exemplaires de pOster sont distribués au public via LO/A, la galerie Axolotl et le Salon du Salon (galerie spécialisée dans l’édition d’art à Marseille).

La seconde présentation est un projet d’édition monographique sur tablette des éditions On your slate. Le coffret contient un DVD, une édition pigmentaire et une biographie, le tout numéroté et signé par l’artiste.

Quatre artistes ont jusqu’à présent été édités: Gio Black Peter (disponible sur iTunes Store), Nagi Gianni, Dorothée Smith et Ricci/Forte.

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« Ici et ailleurs », le temps par Pierre Arpels

Utilisés quotidiennement pour nos multiples besoins, nos téléphones multifonctions, iphones greffés à nos mains font de nous ce que l’on appelle un Homme Augmenté. Mesurant notre pouls, secrétaire virtuel, preneur d’images, assistant de notre vie sociale, l’un des principaux usage de ces terminaux reste sans doute, de nous donner… l’heure.

Paradoxe ou vision, la firme responsable du sus-nommé smartphone à mis au point ces derniers mois une… montre avec le souhait avoué de bousculer le monde de l’horlogerie.

Une preuve, peut-être, que la mesure du temps reste un élément essentiel de notre vie.  Du cadran solaire à la montre connectée l’Homme à toujours souhaité maîtriser le temps qui passe.

Depuis que l’Homme à fondé des sociétés, il observe le rythme de la vie (de la naissance à la mort), le rythme des saisons pour la culture aux champs, le temps qui le sépare du village voisin…

Mesurer le temps avec précision est affaire de mécanique.
Chez Van Cleef & Arpels les créations horlogères prônent aussi une dimension poétique, mesurer le temps est affaire d’histoires, de rencontres et d’émotions. La mécanique est au service de l’esthétique.

Sobre, la dernière réinterprétation de la montre Pierre Arpels (du nom de son créateur) au design ultrafin, dont le cadran semble flotter entre deux attaches vise, elle, à l’intemporalité.

Le temps et ses précieux instants, dernier luxe de notre époque, est pour le « garde-temps » de Van Cleef & Arpels une invitation au voyage à travers le temps et l’espace.

“Heure d’ici et heure d’ailleurs” telle une maxime, un vers, est inscrit sur le cadran. « Ici » est maintenant, « ailleurs » sera demain et vice-versa.

Le temps est insaisissable c’est ce qui le rend si cher, il est multiple. On le perd, on le gagne, il est assassin, il nous file entre les doigts. C’est le temps des amours ou comme le chante Aznavour

« Le temps qui va / Le temps qui sommeille / Le temps sans joie / Le temps des merveilles / Le temps d’une jour / Temps d’une seconde (…) Le temps et rien d’autre / Le tien le mien / Celui qu’on veut notre” (Le temps, 1964)

Une série de photos prises ici, à Paris et ailleurs (Saïgon, Marrakech, Marseille, New-York), des instants suspendus et passionnés tentent d’illustrer ces temps.

Des « ici »

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Merci pour les photos à M. Philippe Margeault et Mlle Gaëlle Charles

Des « ailleurs »

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Ambroise Tézenas à la librairie Maupetit

Découverte du travail photographique d’Ambroise Tézenas dont l’exposition « Photographies » à l’incontournable librairie Maupetit de Marseille était prolongée quelques jours.

Ambroise Tézenas, né en 1972, diplômé en 1994 de l’école d’Arts Appliqués de Vevey (Suisse) fût reporter et passa la plus grande partie de son temps en Asie du Sud-Est, Amérique Centrale et Amérique du Sud. Depuis 2001 il se consacre à des projets plus personnels délaissant ses collaborations avec la presse. Son travail artistique est représenté en France par la galerie Mélanie Rio.

« I was here, Tourisme de la désolation » est son dernier travail, véritable enquête, présenté aux Rencontres de la Photographie d’Arles du 6 juillet au 20 septembre 2015.

Un ouvrage à été édité accompagnant son investigation entamée sur la signification de ces nouveaux lieux touristiques réunissant des zones de catastrophes industrielles, des lieux de génocides (Auschwitz) et autres lieux morbides, un phénomène baptisé « Tourisme noir ». Un ouvrage sur une tendance macabre à découvrir absolument.

Ci-dessous, accrochage de l’exposition « Photographies »

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La librairie Maupetit sur La Canebière depuis 1927, une sélection dynamique et pointue.ambroise-tezenas-11

 

Un workshop avec Geneviève Sevin-Doering

Notre-Dame de la Garde, Marseille…

À la recherche d’anciennes photos sur un voyage effectué au Kenya j’ai mis la main sur ces photos réalisés il y a dix ans lors d’une stage chez Geneviève Sevin-Doering.

Sous le soleil écrasant de l’été, j’allais passer quelques jours en terre marseillaise afin de suivre une formation à sa technique particulière de coupe en un seul morceau. Le vêtement à couture tournante.

Voici quelques photos argentiques, scannées, de ce workshop.

Geneviève au sein de son joyeux capharaüm.

L’entrée de l’atelier-domicile

Ci-dessous, ressemblant à des blasons, des papillons ou un test de Rorschach, les patrons des costumes d’une pièce de théâtre, chacun appartenant à une famille. De haut en bas et de gauche à droite: famille du Collant, famille de la Couture, famille de la Fente, famille du Combiné, famille du Rectangle et famille Dufilho (!)

L’atelier, ancien entrepôt des galères de Louis XIV, est plongé dans un certaine obscurité et se prolonge tel un dédale.

Avec Geneviève, qui au cours des ans est devenue aveugle, on épingle les toiles à -même le sol, c’est le geste qui prime…

Les mannequins couture et les housses blanches suspendues aux portants sont comme des fantômes qui peupleraient les coulisses d’un opéra…

On travaille aussi sur des mannequins aux proportions inhabituelles…

En fait Geneviève est une rebelle. Sur cette photo elle est à mi-chemin entre Lou Reed et Louise Bourgeois vous ne trouvez-pas ?

Sa technique de coupe a rencontré beaucoup de réticences, peu compatible, avec les contraintes de fabrication en nombre d’alors. Le caractère bien trempé de la dame y est aussi, à mon avis, pour quelque chose.

Le théâtre, le costume de scène fait sur-mesure pour un acteur est naturellement un domaine où sa technique « enveloppante », qui se moule sur le corps, trouve son lieu d’expression, tout comme la confection pour une clientèle privée (parmi laquelle on trouve Leonor Fini). À partir de 1969, elle se consacrera à développer uniquement cette technique. À la recherche du vêtement « parfait », celui qui laisse le plus de liberté au mouvement.

Le prêt-à-porter est resté hermétique à son savoir faire, ce qui ne la prive pas d’avoir des admirateurs (Élisabeth de Senneville, que j’ai croisé à l’atelier) et de nombreux disciples (dont Sakina M’Sa et Fred Sathal). Il y a quelques années la marque de jean Levi’s a créé un modèle dit à « couture tournante » le Twisted jean, j’avais alors, immédiatement pensé à Geneviève.

Que reste-t-il de son savoir-faire et comment exploiter sa technique aujourd’hui? Aux dernières nouvelles, sa fille se charge de l’enseignement de sa technique. Fred Sathal ne défile plus pour la couture parisienne depuis des années. Le luxe, le show-business où règnent des vêtements d’exception seraient-ils un terrain propice?

Une modélisation 3D de ces patrons seraient très instructif, à l’image de ce que l’on voit ici. Geneviève Sevin-Doering serait-elle une Madeleine Vionnet restée dans l’œuf?

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