PFW | Juun J., l’envol des tribus urbaines

Cette saison Juun J nous transporte dans le désert… urbain, les mannequins portent tous le cheich pour se protéger des grandes chaleurs dû au réchauffement climatique

Panoplie emblématique de la collection. Ci-dessous un cyber-punk avec des envies de tailoring. Une veste tailleur ajustée, sur un pantalon legging-sarouel. Mieux que le baggy, ce pantalon sera-t-il un nouveau basique de l’homme urbain?

Baptisée « The flap », que l’on pourrait traduire par battre au vent, la collection de Juun J. inventeur du « street tailoring », oscille entre des volumes souples, comme ces grands tee-shirts débardeurs, ces tee-shirts capes, ou amples comme ces parkas over-size (voir vidéo) et des pièces plus fitted comme ces vestes tailleurs, ces perfectos ajustés portés sur de larges bermudas ou sur des leggings imprimés bris de miroir.


Ci-dessus Imprimé « bris de miroir » réalisé en collaboration avec Ground-Zéro

Cette saison les zips chers au créateur, ont une fonction plus que décorative. Placé en bord de col, ils laissent apparaître une autre pièce de vêtement (capuche ou blouson anti-pluie, cf. première photo) qui vient se superposer au premier.

Le vêtement devient modulable et s’adapte ainsi aux nouvelles conditions de vie des tribus urbaines. Un travail qui nous rappelle et concrétise en quelque sorte, certaines des expérimentations de l’artiste Lucy Orta (1) sur le vêtement-refuge.


Ci-dessus col tailleur zippé duquel s’échappe un blouson aérien (the flap) anti-pluie.

Juun J. tout comme Julius font parti de ces créateurs ayant des propositions pour un vêtement urbain, situé à mi chemin entre blade-runner et Savile-Row.

(1) Le vêtement-refuge de Lucy Orta, entre mode et architecture. Un extrait de son exposition diffusé sur Arte est visible ici.

 

Défilé Dior homme par Kris Van Assche

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L e carton d’invitation noir et blanc annonçait la couleur, la collection nommée « Angles » sera expressionniste(1), l’homme Dior sera bichrome ou ne sera pas. Hedi Slimane nous avait habitué à ce discours bitonal, Kriss Van Assche emprunte à sa manière le même chemin cette saison et affirme plus que jamais son style. La transition au sein de la maison Dior continue sans heurts ce qui se confirmera sur le podium.

Première surprise le tailoring est à l’honneur, là où je m’attendais à une majorité de tenues sportswear-très chic dans des volumes amples, on trouve beaucoup de pantalons ajustés, des gilets et des détails de découpe.

Les vestes de tailleur sont ajustées portées tantôt sur des chemises, des pulls longs ou des chemises liquette, afin de s’adapter au style ou à l’humeur de chacun. Les pantalons sont tous très désirables, ils sont étroits, presque slim, ou à la fourche basse (forme que KVA à su nous faire découvrir lors des saisons précédentes). Les manteaux confirment leur retour et semblent très confortables. Les chaussures sont des boots à larges semelle rappellant le modèle 1460 de chez Dr Martens. Avec les mannequins dont un bonne majorité ressemble à Alex Kapranos ou Ian Curtis on reste dans un registre très rock.

C’est à un défilé très sensible auquel nous avons assisté et ce malgré la démarche martiale des mannequins sur le voguing électronisé-réactualisé(1) de Malcom Mc Laren et l’absence de couleur, les nombreux détails suivants sont là pour en témoigner :

De larges cols

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les larges cols sur des manteaux ou des pulls se drapent sur le bas visage dans un style très refugewear-chic. En détail, une boucle d’oreille triangle…

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des découpes

Parmi mes pièces favorites, ce gilet et cette chemise ouverte dans le dos, des détails très tailleur. Les pantalons, portés bas sur la taille, ne sont pas en reste…

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des broderies…

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des broderies romantiques sur le pull, et broderie 3D anguleuse sur la veste.

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Ci-dessous une pièce emblématique du style KVA ce sublime pantalon-sarouel qui mixe une ceinture retournée très sport, une martingale au côté et des poches à rabat très tailleur, porté avec une chemise rayée avec un boutonnage-dos dont vous apprécierez le détail d’encolure qui découvre la peau à la base du cou. Yes !

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Quel homme n’a pas un costume rayé dans sa garde-robe ? Rien que de très classique en somme, des rayures il y en a également dans cette collection, elles sont graphiques, dynamiques, tout en restant sobres elle sont aisément portables.

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et des bijoux

On a vu plus haut des boucles d’oreilles, beaucoup de silhouettes sont agrémentées de colliers apparemment faits d’un fil perlé enroulé sur lui même, pour un rendu très raw.

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En deux ans Kriss Van Assche semble avoir bien pris ses marques au sein de la maison Dior. Ce défilé montre que l’après Slimane est possible, chose impensable pour moi il y a deux saisons.

(1) transversalité : il est peut-être temps de revoir le Cabinet du Dr. Caligari, au noir et blanc dramatique et aux décors anguleux, qui sied si bien à cette collection.


Poursuivez votre lecture avec :
le billet très intéressant de Julie Perello @ bloc-mode,
les fuckin’ photo de James @ james Bort,
la vision artistique de Stéphane Galienni @ buzz2luxe,
et les anecdotes Matthieu @matérialiste.

Pur plaisir | Back to basics

Retour à certains fondamentaux, après une trêve estivale de deux mois. Deux mois sans bloguer, interruption luxueuse ou suicidaire c’est selon.

Le plaisir se consommant sans modération j’espère que vous vous en êtes enivré cet été.

Pour autant je n’ai pas mis en veille ma curiosité « transversale » et avant de partager avec vous mes lectures et autres réflexions estivales, je vous invite à regarder une création réalisée avec l’agence Balistik’Art

Vous connaissez ce sentiment qui fait que l’on se sent bien dans un lieu, dans un vêtement, que l’on vit un moment privilégié. On a l’impression que ce moment à été fait sur-mesure pour nous, on pourrait parler de bespoke moment. C’est le même sentiment qui m’habite lorsque je blogue ici sur ces sujets qui nous passionnent.

Le scénario de la vidéo ci-dessous fait référence à ces moments de Pur Plaisir. Le scénario à été écrit par mes soins et fait partie d’une série de douze scénarios écrits par des blogueurs européens (from Paris, London, Berlin and Milan). Les deux autres opus parisiens (must see !) de cette saga ont été écrits par les talentueux Thierry Richard et Brian Leavy.

Je remercie grandement l’agence Balistik’Art pour m’avoir offert cette opportunité et pour leur patience (argh mes soucis techniques !) . Je vous assure que voir ses mots et ses idées mis en images procure un frisson tout particulier et vous projette dans une toute autre dimension, pour un peu on se prendrait pour Kubrick, Coppola ou Truffaut (!) merci à Julien Rocher, le « réal » pour m’avoir fait vivre cet instant très particulier.

Pour voir l’ensemble des clips, n’hésitez pas à vous rendre ici.

Ozwald Boateng, House of Boateng

oswald-boateng-1 Le génial créateur britannique de mode masculine établit à Savile Row Oswald Boateng veut implanter sa marque aux États-Unis et devenir une marque internationale. J’ai trouvé sur You Tube une intéressante série de clips présentant les coulisses de cette opération. Les vidéos proviennent de Sundance Channel   Oswald Boateng, the brillant menswear designer of Savile Row want to spread is label through the US and become an international brand. I found on YouTube an interesting series of videos explaining this operation. The videos are from Sundance Channel

Ozwald Boateng

Oswald Boateng, 38 ans, né au Ghana est aujourd’hui LE tailleur de Savile Row dont on parle le plus. Non content d’être celui qui a permis à la célèbre rue londonienne d’être à nouveau sur le devant le scène (notamment grâce à l’ouverture d’une boutique en son nom aux Etats-Unis), il est également le tailleur des stars (Samuel L. Jackson, Usher, David Bowie, Jude Law…) et à reçu de la part de la reine Elisabeth l’Ordre de l’Empire Britannique.

Oswald Boateng, 38, born in Ghana is the Savile Row tailor of the moment, he recently received from Queen Elizabeth the Order of the British Empire. He is the one that helped the famous London street to get back on the front of the stage (thanks to the opening of a shop in the U.S.). He is also the tailor of the stars (Samuel L. Jackson, Usher, David Bowie, Jude Law …).

Mais c’est avant tout pour sa propre ligne éponyme et son succès depuis deux saisons en tant que directeur artistique de Givenchy homme qu’il nous intéresse. Sa ligne qu’il définit comme étant forte, masculine dans la pure tradition britannique est dynamisée par de vives couleurs pour les doublures et une coupe très sexy. Chez Givenchy son travail est plus fluide et féminin.

But first of all we are interested by his eponymous line and its success over the past two seasons as artistic director of Givenchy menswear. His line that he defines as strong and masculine, in the British tradition, is driven by strong colors and a very sexy cut. At Givenchy is work is more fluid and feminine.

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Suzy Menkes’ article

Photo credit: Amit Lennon, Camera Press / Retna