Beauty | Pleats Please, le parfum sourire

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L’histoire olfactive d’Issey Miyake a débuté il y a 20 ans avec la création de l’Eau d’Issey. Explorant alors un territoire radicalement nouveau, parfum non dérangeant, privilégiant l’épure et l’élitisme, l’Eau d’Issey était « le parfum de l’eau sur la peau d’une femme ».

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Aurélien Guichard

Aurélien Guichard, parfumeur, à déjà  croisé la route d’Issey Miyake avant de travailler sur ce projet, c’était lors d’un défilé dans les années 80, il avait à peine huit ans… Des années plus tard, son premier amour portera l’Eau d’Issey.

C’est à un double challenge auquel lui et le studio de création ont été confrontés pour la création de Pleats Please: traduire pour la première fois, la mode en terme de design et de jus.

Tout en conservant l’esprit de création de la maison Issey Miyake, qui consiste à se nourrir d’une vision ou d’une phrase du maître, plutôt que d’une stratégie uniquement marketing, le désir était aussi de passer outre certaines retenues. Dépasser l’épure et les couleurs « blanche et grise », mais sans les éliminer (car le blanc est la signature de la marque) tout en continuant à s’adresser à cette femme férue de design et de cette forme de luxe.

En terme de design, le résultat est un flacon au contour un peu chaotique et anguleux qui s’inspire d’un sac Bao-Bao que l’on aurait négligemment oublié sur un canapé Barcelona… Le capot, lisse, en contraste, s’inspire, de la photo d’un coquelicot prise par Irving Penn.

La couleur, cantonnée aux éditions spéciales de l’Eau d’Issey fait son apparition sur le packaging. L’idée étant de capitaliser sur cette partie de la mode qui offre une palette couleur qu’il n’y a pas ailleurs et véhiculer ainsi l’idée d’ouverture.

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Passionnée, Nathalie Helloin-Kamel, DG des marques chez Beauté Prestige International, nous raconte son travail avec les équipes basées au Japon.

Aurélien Guichard nous confiera qu’après avoir présenté une esquisse d’où se dégageait quelque chose de plaisant, une lumière et une certaine légèreté de mouvement, le plaisir fût de travailler avec des équipes réellement passionnées, laissant le temps au temps et respectant le créateur parfumeur.

Traduire la vision et réinterpréter la mode c’est exprimer la joie avec un départ de note de nashi (poire japonaise), puis signifier l’abstraction chère au maître par des notes de bois de senteur et de pivoine, puis le mouvement des plissés avec le cèdre et le patchouli. Les bois apportant une note élégante et addictive.

Pleats Please se veut « un parfum avec un sourire ».

Untitled, Ligne 3, invitation au parfum

« Untitled » c’est le dernier morceau de l’album Desintegration de The Cure, un son ouaté et brut à la fois.

« Untitled », « sans nom », car sans voix… d’admiration pour le travail de la Maison Martin Margiela.

« Untitled », une page blanche, à détourner. Le détournement un des principes majeurs de la Maison Martin Margiela

« Untitled », un nom simple et compliqué à la fois; en art appliqué on dit souvent que le plus difficile à atteindre est la simplicité. Dans les arts graphiques par exemple, on apprend à « travailler les blancs » (c’est-à-dire équilibrer le rapport entre le texte et l’espace vierge de la page), en design de mode on essaie d’atteindre cet adage: « le luxe c’est la simplicité ».

« Untitled », car c’est un work in progress, un travail en cours, plus artisanal qu’artiste.

« Untitled », un nom qui sied à merveille au premier parfum de MMM, créateur qui manie avec tant de brio le mystère depuis plus de 20 ans.

Rigueur du nom d’abord, puis la ligne stricte du flacon inspiré des fioles d’apothicaire d’autrefois, dessinée par Fabien Baron, ou encore par la typographie « courrier », brute, des anciennes machines à écrire Olivetti. Mais aussi la rigueur du lieu, ancienne école de dessin industriel, où Maison Martin Margiela à installé ses ateliers, radicalité du blanc omniprésent, uniformité de la blouse des employés. Tout ceci pousse à la discrétion, voire au recueillement.

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Une fragrance singulière

On s’attend à quoi lorsque l’on est convié à découvrir la nouvelle création olfactive de la Maison Martin Margiela? A un parfum neutre? Conceptuel? On découvre un parfum qui, au contraire, « éclate » au début avec une véritable « tête lumineuse », qui exulte en note de tête, en fragrance vertes (galbanum, vert de buis). Puis, vient une note de cœur en fragrance jasminée et fleur d’oranger (qui apporte de la rondeur). Pour finir une note de fond très surprenante, musquée, voire sensuelle et obsédante (cèdre, encens résinoïde).

Untitled, est une fragrance singulière car elle exhale des vapeurs auxquelles on ne s’attendait pas de la part de cette maison. Une fragrance addictive aussi, dont le sillage, j’en suis sûr, ne laissera pas indifférent. Une fragrance réalisée pendant deux ans avec les équipes de la division Produits de Luxe de l’Oréal.Une fragrance pour une femme Margiela, mais qui siéra aussi aux hommes.

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Tout y est, le parfum se défini comme un produit de laboratoire, sans référence…

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… et la campagne de communication sera sans égérie.

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A découvrir en exclusivité dès le 25 janvier chez Colette, puis dans les boutiques Margiela, au Printemps et chez Sephora à partir d’avril.

Rencontre | Jean-Paul Gaultier Couture

Il y a quelques emaines, au sein de l’ex-Palais des Arts de l’Avenir du Prolétariat c’est déroulé une de mes rencontres majeures de cette année. C’est dans un bâtiment à vocation sociale du début du XXe siècle, où sont installés depuis 2004 son studio, l’atelier, les bureaux, le service de presse ainsi que et les défilés que j’ai eu l’honneur de rencontrer Jean-Paul Gaultier.
Un lei ubique, rassemblant toutes les activités de sa maison comme dans le Falbalas de Jacques DEcker son film culte.
Un lieu unique comme un véritable piede nez au maisons de l’avenue Montaigne.

Rencontre avec Jean-Paul Gaultier au sein de l’ex-Palais des Arts de l’Avenir du Prolétariat. C’est dans ce bâtiment à vocation sociale du début du XXe siècle que sont installés depuis 2004 son studio, l’atelier, les bureaux, le service de presse et où défilent ses créations.

Un lieu unique, rassemblant toutes les activités de sa maison comme dans le film Falbalas de Jacques Decker, son film culte.
Un lieu unique situé en plein cœur du quartier de la confection.
Un lieu unique et décalé, comme pour faire un pied de nez aux Maisons sises avenue Montaigne.

Du prêt-à-porter de rue à la Couture

De grands éclats de rire résonnent au sein du palais, Jean-Paul Gaultier est ainsi quand il connaît ses interlocuteurs. Il donne beaucoup. Par contre l’homme qui s’approche de notre petit groupe est timide, il est redevenu enfant. Il doit apprendre à nous connaître, nous les blogeurs et réciproquement. Mais on le sent curieux et généreux.

La rencontre prend un ton informel, il nous présente les lieux, les installations-morphing de Jurgen Bey qui lui avaient inspirés la sublime collection Couture AW 2003.
Cette installation confère à l’endroit « quelque chose de magique, un endroit à la Cocteau » dit-il, et il ajoute « … il faut se méfier des apparences, les choses peuvent avoir un autre degré de lecture ». Une partie de l’univers de Jean-Paul Gaultier est résumé dans ces deux phrases.

Ci-dessous les installations-morphing de Jurgen Bey

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Je l’interroge au sujet de son amour pour les stars, il confirme cet intérêt et nous rappelle que de Madonna à Lady Gaga (récemment habillée pour recevoir son MTV Award) il habillé plusieurs d’entre elles. Il nous reste alors juste le temps de prendre deux ou trois photos et pfuiiit le voilà qui disparaît, non sans nous gratifier d’un grand sourire.

On a envie de le tutoyer, de l’appeller Jean-Paul, de lui dire « reste avec nous ! » Il est un des rares créateurs sachant installer cette proximité. Un don qui lui vient sans aucun doute de son parcours atypique dans ce milieu, lui qui s’est hissé du prêt-à-porter de rue à la Haute-Couture (l’inverse des maisons de couture actuelles en somme).

Ses collaborateurs nous parlent alors de sa fidélité, mais on s’en doutait, envers ceux qui travaillent avec lui de la petite main anonyme là-haut dans l’atelier à Jean-Baptiste Mondino qui préside à la destinée du parfum Classique depuis 17 ans.

La fragrance

Classique, le parfum, avec sa boîte conserve et son buste habillé d’une jarretière fait parti de ces produits qui ont marqué l’imaginaire collectif (au même titre que la marinière, le jean couture, le bustier a sein coniques de Madonna, etc.). Ré-interpréter Classique pour en faire Classique X n’a donc pas été une chose facile. Il a fallu pour cela, tout le talent de Jacques Cavallier. Repartir de la fleur d’oranger du parfum d’origine et la ré-interpréter dans ce qu’elle a de plus virginal. S’affranchir, sans rupture, du caractère extraverti et de l’opulence du jus des années 90. Faire naître dans la nouvelle fragrance éclat et volupté, un mélange des genres à la limite de l’androgynie (mêlant en sus de la fleur d’oranger, bergamote, mandarine et une cologne masculine).

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Michelle Buswell, égérie de Classique X

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Les collections

On nous promène ensuite parmi certains modèles exposés de la Couture (thème cinéma) et du Prêt-à-porter (Collection X). X est fidèle à la précédente collection dont le thème était la calligraphie. Les collections s’enchaînent avec une vraie filiation, créant une histoire auquel on s’attache au fil des ans. La lettre X se décline de multiples façons (dans les coupes, les détails, les formes et les matières) jusqu’au thème du bordel (featuring les bijoux érotiques-chic de Betony Vernon). L’ensemble est assez monochrome et très graphique.

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La silhouette fascinante d’un imperméable made in Jean-Paul Gaultier Couture.

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Très suggestive… mariée Couture

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Rencontre réalisée grace à l’initiative de Balistik’art

Issey Miyake x Arik Levy | Le fil de la continuité

Un résumé de l’entretien avec le designer et artiste Arik Levy, organisé a l’occasion de la sortie de A scent la dernière fragrance d’Issey Miyake dont il a réalisé le flacon.

Le « citoyen du monde » Issey Miyake voulait un parfum qui sente l’air. Pour répondre à cette demande très spirituelle, Arik Levy à dû surmonter certains obstacles, comme le fait que le Japon n’a pas de tradition du parfum…

Le design se devait d’être aussi évident et limpide que la requête. Foin donc de decorum risquant de masquer la personnalité du parfum. Le résultat donne un flacon transparent aux contours bruts comme taillé dans le verre et utilisé tel quel. Le tube plongeur est quasiment invisible et le jus le plus clair possible. Une transparence qui s’est révélée être un véritable défi technique, s’inscrivant à la fois dans une démarche intellectuelle, artistique et philosophique dont Arik était le maître d’œuvre. Cette recherche de la transparence s’est imposée comme un fil rouge pendant tout son processus créatif.

« J’ai voulu faire une pièce avec un côté rough, plus crue que brute »
(Arik Lévy)

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Tout comme Issey Miyake est un créateur atypique, ne sortant un nouveau parfum féminin que tous les 8 ou 10 ans(1). Arik Levy à voulu rompre avec les habitudes du monde cosmétique. Plutôt que de dessiner une famille canard avec un « petit 50 ml », un « moyen 100 ml » et un « grand 150 ml », il à créé pour l’ensemble de la ligne, quelque chose véhiculant l’idée de continuité, qui commence et ne se termine jamais, comme à l’infini; idée récurrente dans le travail du créateur japonais.
On pense dès lors à deux réalisations majeures d’Issey Miyake où l’on retrouve ces idées de continuité et et d’intemporalité:

  • La ligne A piece of cloth (A-Poc, 1976): un vêtement créé à partir d’un seul carré/rouleau de tissu auquel on ajoute des manches. En recherchant ainsi un aspect minimaliste et fondamental, Issey Miyake obtient un effet classique et intemporel.
  • La ligne Pleats Please (1988): des vêtements en polyester, plissés et dans des coupes simples. Issey Miyake parle d’illusion d’optique quand il décrit ses plissés.

A-POC King and Queen, 1999

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Pleats Please

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Le projet d’Arik Levy capitalise sur une forme simple. Quelque soit l’ordre dans lequel ces trois flacons sont disposés, il se crée un rythme et une tension. Le flacon devient l’identité visuelle du projet. Cette fragrance très florale et verte s’inscrit comme un produit durable dans le temps, comme une œuvre d’art dépasse le temps d’une vie.


(1) Odyssée en 1992 et Le feu en 1998. Il y a 600 lancements de parfum par an environ et seulement 5% arrivent dans le top 10 après 5 ans d’existence.

Arik Levy est designer industriel, d’origine israélienne, il collabore depuis plusieurs années avec le graphiste Pippo Lionni avce lequel il a fondé l’agence L design. Parmi ses clients se trouvent Baccarat, Vitra, Swarovski…

Annick Goutal x Vannina Vesperini x Virginie Monroe

Annick Goutal se diversifie.

Annick Goutal, perfume brand, is exploring new fields.

A la maison Baccarat la collaboration Annick Goutal x Virginie Monroe pour une nouvelle ligne de bijoux et Annick Goutal x Vannina Vesperini pour une ligne de lingerie.

At Maison Baccarat, i was invited to discover the collaboration between Annick Goutal and Virginie Monroe (she used to works for Maje) for a new collection of jewels and the collaboration between Annick Goutal and Vannina Vesperini for a new lingerie collection.


Vannina Vesperini, lingerie designer