Luxe | Comité Colbert, une belle utopie

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Rêver 2014

C’est avec du vocabulaire, ensemble de mots, rassemblés dans un livre, que le Comité Colbert à décidé de célébrer ses 60 ans. Des mots choisis par ses 92 membres (78 maisons de luxe et 14 institutions), 6 auteurs de science-fiction, un linguiste et un compositeur, spécialiste lui, du vocabulaire musical.
Soit 100 écritures projetant le Luxe 60 ans en avant afin de “Rêver 2074”.

Une utopie pleine d’audace

C’est un excellent choix que celui d’inviter des auteurs de science-fiction, genre populaire et de niche, pour parler du luxe de demain. Voilà qui sort des sentiers battus et qui montre le dynamisme qui anime le Comité Colbert. Le genre policier et la S.F sont souvent les livres que l’on met tout en haut de nos bibliothèques ou qui sont relégués au « lieu d’aisance », alors qu’ils ont tout autant que la littérature classique leur Modiano ou leur Balzac.

Plus que créer des textes individuels les écrivains ont collaboré, réutilisant les références créées par chacun d’entre eux dans leur propres textes afin de créer une œuvre “commune” sous la forme de six nouvelles.

“Même s’il y a du doute, la France est un pays curieux au monde” (Olivier Paquet, auteur de “La Reine d’Ambre”)

Les mots pour le dire

Au travers d’un nouveau vocabulaire constitué de néologismes. Le linguiste Alain Rey à imaginé 14 mots-valises, nouveaux mots du luxe de 2074 parmi lesquels on découvre le mot “noventique”.

Depuis l’avènement du web, nous n’avons jamais autant écrit, que se soit sous la forme de billets ou de hashtags. Les mots sont au centre de cette célébration, ils retrouvent toute leur valeur.

SMS, statuts Facebook et autres tags, souvent critiqués pour leur vacuité, leur maladresse grammaticale ou leur vocabulaire appauvri, sont cependant autant de moyens d’écrire et de raconter des histoires. La contrainte des 140 caractères de Twitter à, par exemple, favorisé la création de nombreux concours de haïkus.

Ci-dessous, Elisabeth Ponsolle des Portes, Déléguée générale et Michel Bernardaud, Président du Comité Colbert

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Poésie, nouveau langage et nouveau vocabulaire vecteurs du luxe de demain

Tous les auteurs rassemblés par le Comité Colbert sont attachés à la sensorialité.

Pour l’auteure Anne Fakhouri, qui à écrit “ Un coin de son esprit”, les générations à venir seront initiateurs d’un nouveau vocabulaire. Nous continuerons à “écrire” des histoires « mais aussi » avec des images et des sons, ils seront le nouveau langage de demain.
Au cours de notre discussion, elle me décrit ainsi nos nouveaux comportements de lecture. “Sur un forum on ne lit plus de manière linéaire, on extrait les mots de la phrase. La grammaire perd de sa valeur et le vocabulaire atteint une dimension ludique, on pioche.”
Demain nous devrons utiliser ce nouveau vocabulaire pour exprimer des idées, “être de véritables acteurs du langage qui créent pour leur désir et non celui d’une idée dominante”.

Loin de l’ordinateur HAL 9000 qui veut se comporter comme un humain. C’est sous la forme d’un “langage poétique” qu’une intelligence artificielle va communiquer avec la propriétaire d’un grand vignoble qui a perdu le goût et l’odorat et lui transmettre ainsi les résultats de ses analyses.
L’auteur Olivier Paquet m’explique que dans sa nouvelle, “La Reine d’Ambre” il se crée un apprentissage, une relation proche de l’intime entre les machines et l’humain, il utilise alors le néologisme “intiplanétaire
Son approche vise à rassurer les Maisons sur la cohabitation possible entre les hommes et les machines et le partage qui s’en suivrait. Dans son récit, les poèmes de l’Intelligence Artificielle, “font passer l’émotion même si le vin n’est pas goûté et bien mieux que dans un rapport œnologique…” Des intelligences artificielles qui émettent des sentiments, on pense évidemment au roman de Philip K. Dick « les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ».

Editions de luxe

Le digital n’aura pas “raison” de l’écriture, comme on nous l’a répété pendant des années. Le choix du Comité Colbert d’éditer un livre « digital-only » aboli la tension existant entre print et digital et semble aller dans ce sens de cohabitation de bon aloi.

Le Luxe et l’écrit font donc bon ménage et les initiatives dans ce sens se multiplient. La Maison Hermès fait référence à la poésie dans plusieurs de ses campagnes de communication. La Maison Louis Vuitton édite des ouvrages dont ses fameux « City Guides » composés uniquement de textes depuis des années. En Italie la Maison Prada à créé depuis un an un concours d’écriture.

Au Château de Versailles, le rendez-vous que nous a donné le Comité Colbert n’avait rien d’ostentatoire, mais était chargé d’émotions. Comme le souligne Olivier Paquet “Tous les sens humain, le goût, l’odorat, le toucher, les sons peuvent être transmis via la littérature, voilà qui est plus riche que le cinéma ou le dessin”

Le Luxe de demain sera vecteur d’émotions. Il sera responsable, garant de sens et d’authenticité.

[toggler title= »En savoir plus sur le Comité Colbert » ]L’Histoire du Comité Colbert[/toggler]

[toggler title= »Pour télécharger l’ouvrage Rêver 2074″ ]Rever 2074[/toggler]

Delvaux, oldest existing leather house

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Dear readers,

a few days ago, the historic belgian atelier Delvaux was showing new collection at Downtown studio, Paris

Founded in 1829, Delvaux is the oldest existing leather house in the world.

Exclusivity, craftmanship and fine materials is what luxury is about. Even today there is no industrialisation in the process of making at the atelier, every piece is handmade.

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The designers at Delvaux are inspired by all the historic creations of the atelier.

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Mr Jean Colonna

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Delvaux really keep tradition where others became industrialised, they like to be compared to Geneva watchmakers.

Haute-Joaillerie | Voyages extraordinaires

Ci-dessous œuvre originale de Ruben Alterio sur une idée d’Alfredo Arias pour Van Cleef & Arpels (n°222/350)
Quatre romans de Jules Verne que la maison Van Cleef & Arpels à illustré, à sa manière, en créant 174 bijoux cette saison. Nous voilà invités à prendre part à des périples qui nous ferons voyager pendant Cinq semaines en ballon, nous mèneront en Voyage au centre la Terre, nous entraîneront au fond des océans à Vingt mille lieux sous les mers et pour finir nous conduiront vers un fantastique voyage De la Terre à la Lune…
Des paroles, des paroles, des paroles comme toujours chez Van Cleef, de la narration, des histoires pour nous émerveiller. À l’heure des inquiétudes et des crises, les maisons de luxe se doivent de sublimer le réel et de faire plus que jamais, preuve de créativité, d’audace et être porteuses de rêves.
Après Califormia Rêverie, Oiseaux de Paradis, les saisons précédentes, la maison sise 22 place Vendôme nous a présenté Voyages Extraordinaires, dont voici quelques photos.


Le bestiaire, une des identités de la marque, s’est enrichi avec l’éléphant (ci-dessus), mais aussi des lémuriens, des perroquets, des ours polaires, des manchots, des dauphins et des pélicans. Une vraie Arche de Noé non ?



Une raie manta, très florale

Rendez-vous en septembre lors de la Biennale des Antiquaires. La collection complète sera exposée de façon dramatique et féérique. Une mise en scène d’Alfredo Arias oscillant entre Jules Verne et Méliès tout en respectant l’univers si féminin de Van Cleef & Arpels sera présentée pour l’occasion. On nous promet la présence du Nautilus et peut-être du Capitaine Némo…

 

Air France madame, bonjour madame!

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Non, Air France Madame, n’est pas un ersatz de feu Jours de France(1). Ce n’est pas seulement un club de desperate housewives reservé aux femmes des hommes qui travaillent (!). Air France Madame est un magazine d’art de vivre pour des femmes exigeantes. Pour celles qui voyagent dans les meilleures conditions et qui portent une attention particulière à la mode, la culture, au design et à l’art.

La maquette, élaborée par le directeur artistique de Vogue, Johan Svensson, est conforme à ce que l’on attend de ce type de publication : sobre et chic. Les typographies oscillent entre serif et sans-serif selon la langue employée (français ou anglais). La mise en page laisse un large place aux blancs, souvenez-vous le luxe c’est l’espace. La taille des folios (un brin oversize) pose la touche d’excentricité nécessaire.

Un magazine haut de gamme, un bimestriel de luxe, dédié au plaisir, qui vous emmènera aux quatre coins du monde visiter les hotspots du moment, vous aidera à décrypter les tendances ou vous indiquera les bons plans luxe via un choix d’adresses sélectives.

Le dernier numéro, que vous pouvez encore vous procurer cette semaine, est le fashion issue, la mode étant le fil conducteur du magazine. Ne manquez pas l’article de Sybille Grandchamp sur Cape Town, le sujet sur Phoebe Philo, celui sur le couple d’architectes d’intérieur Gilles & Boissier ou encore les adresses chic de Mathilde Meyer, la dircom de Prada.

À la lecture, contrairement aux autres féminins, ici il n’y a pas d’état d’urgence. On ne part pas en week-end dans les Antilles britanniques comme on irait à La Baule, on n’achète pas une montre Van Cleef & Arpels comme une toywatch. Il faut prendre son temps pour apprécier le luxe, le style et l’allure priment donc sur le it-thing du moment.

Le prochain numéro traitera de Haute Horlogerie féminine, sujet passionnant à plus d’un titre et dont nous aurons l’occasion de reparler.

Un aperçu en images du Fashion issue, bande son by Fortuna


(1) Ce magazine appartenait à M. Dassault. De Jours de France à Air France Madame on reste donc dans la thématique aérienne…

Untitled, Ligne 3, invitation au parfum

« Untitled » c’est le dernier morceau de l’album Desintegration de The Cure, un son ouaté et brut à la fois.

« Untitled », « sans nom », car sans voix… d’admiration pour le travail de la Maison Martin Margiela.

« Untitled », une page blanche, à détourner. Le détournement un des principes majeurs de la Maison Martin Margiela

« Untitled », un nom simple et compliqué à la fois; en art appliqué on dit souvent que le plus difficile à atteindre est la simplicité. Dans les arts graphiques par exemple, on apprend à « travailler les blancs » (c’est-à-dire équilibrer le rapport entre le texte et l’espace vierge de la page), en design de mode on essaie d’atteindre cet adage: « le luxe c’est la simplicité ».

« Untitled », car c’est un work in progress, un travail en cours, plus artisanal qu’artiste.

« Untitled », un nom qui sied à merveille au premier parfum de MMM, créateur qui manie avec tant de brio le mystère depuis plus de 20 ans.

Rigueur du nom d’abord, puis la ligne stricte du flacon inspiré des fioles d’apothicaire d’autrefois, dessinée par Fabien Baron, ou encore par la typographie « courrier », brute, des anciennes machines à écrire Olivetti. Mais aussi la rigueur du lieu, ancienne école de dessin industriel, où Maison Martin Margiela à installé ses ateliers, radicalité du blanc omniprésent, uniformité de la blouse des employés. Tout ceci pousse à la discrétion, voire au recueillement.

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Une fragrance singulière

On s’attend à quoi lorsque l’on est convié à découvrir la nouvelle création olfactive de la Maison Martin Margiela? A un parfum neutre? Conceptuel? On découvre un parfum qui, au contraire, « éclate » au début avec une véritable « tête lumineuse », qui exulte en note de tête, en fragrance vertes (galbanum, vert de buis). Puis, vient une note de cœur en fragrance jasminée et fleur d’oranger (qui apporte de la rondeur). Pour finir une note de fond très surprenante, musquée, voire sensuelle et obsédante (cèdre, encens résinoïde).

Untitled, est une fragrance singulière car elle exhale des vapeurs auxquelles on ne s’attendait pas de la part de cette maison. Une fragrance addictive aussi, dont le sillage, j’en suis sûr, ne laissera pas indifférent. Une fragrance réalisée pendant deux ans avec les équipes de la division Produits de Luxe de l’Oréal.Une fragrance pour une femme Margiela, mais qui siéra aussi aux hommes.

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Tout y est, le parfum se défini comme un produit de laboratoire, sans référence…

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… et la campagne de communication sera sans égérie.

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A découvrir en exclusivité dès le 25 janvier chez Colette, puis dans les boutiques Margiela, au Printemps et chez Sephora à partir d’avril.

Luxe et fantaisie

N’y a-t-il que les marques de luxe pour allier avec brio fantaisie et communication ?

Hermès confie les images de son catalogue 2010 au photographe britannique Tim Walker. Ce dernier, crée des situations oniriques, abracadabrantes voire surréalistes, amenant la communication de la marque sur un plan artistique et à l’accès un peu hermétique (devenant par là-même sélectif et éloignant toute comparaison avec d’autres marques) en parfait accord avec l’image du sellier de la rue du faubourg Saint-Honoré.

Hermès à travers ses catalogues véhicule chaque saison du rêve, de la culture sur le savoir-faire quasi ancestral de ses artisans et de la création artistique. Rêve, relation au temps et subjectivité, trois composantes essentielles du luxe.

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Le monde d’Hermès, printemps-été 2009, couverture et page intérieure de Tim Walker

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Le monde d’Hermès, printemps-été 2009, page illustrant le travail du malletier « protégeant » les coins des valises

Pour leur collection California Rêverie inspirée de la côte ouest américaine et composée de sautoirs et bagues cocktail festives, la maison de haute-joaillerie Van Cleef & Arpels à aussi usé de la fantaisie dans sa communication. Moins abstrait qu’Hermès mais néanmoins subtil, la maison centenaire à opté pour une légère modification de logo délaissant la colonne Vendôme pour un… palmier ! Fantaisie certes, mais en parfait accord avec le thème de la saison.

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Ci-dessous, quelques photos prises lors de la présentation Place Vendôme, de la collection California Rêverie.

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Collier Ginko « California Rêverie » en or gris diamants brillant, baguette, boules turquoise et perles de culture blanche.

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Clip Flamingo « California Rêverie » en or gris, diamants brillant, saphirs roses et rubis, onyx et grenat mandarin de 26,73 cts

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Clip Paysage d’Opale « California Rêverie »pierre double face pesant 100,11 carats sertie sur des saphirs parfaitement appairés et rehaussée de deux palmiers en diamants. Ce clip révèle à l’arrière un troisième palmier et une ceinture de saphirs jaunes.

Le luxe est aussi un terrain d’expérimentation et d’audace, comme le fût la Haute-Couture dans ses grandes heures. Certaines marques « dites de luxe » négligent ou font fi de cet élan, de cette audace ou de cette fantaisie et optent pour un discours trop terre à terre et urgentiste (avec parfois l’alibi du 2.0) Vouloir aller plus vite que les autres vous place dans une logique de comparaison et vous exclu automatiquement d’une démarche de véritable marque de luxe.

À l’image de certaines vieilles familles célèbres, aristocrates et excentriques, fantaisie et luxe forment un couple étonnant et parfois inattendu. Subtilement accompli ce mariage est générateur d’une dynamique élitiste confortant l’image de marque dans la catégorie luxe. En bref, cessons de nous prendre au sérieux !

Haute Couture, guilloches et calligraphie

Un défilé Couture de la maison Jean-Paul Gaultier c’est un peu comme lire le livre de son auteur fétiche. Le style est connu, on le retrouve toujours avec le même plaisir, on sait que l’histoire sera belle et originale, qu’elle s’inscrira dans une continuité narrative (des robes-cages de la collection précédente aux robes-dentelles de cette saison la filiation est aisée n’est-ce pas ?). La provocation des débuts se fait aujourd’hui plus subtile, plus élégante. Chez Jean-Paul Gaultier les vêtements se refusent à la gratuité, ils ont une véritable raison d’être.

L’éblouissant dernier défilé Couture ne déroge pas à la règle, certaines tenues tissent clairement des liens vers d’autres domaines créatifs. Nous proposant un métissage des genres allant de la calligraphie, au graphisme et même à la haute-horlogerie, un mix créatif propre à la maison Jean-Paul Gaultier; petite revue de détails en image.

Couture : printemps-été 2009, robe évasée, avec dentelle blanche dessinant des rosaces et autres motifs floraux.

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travail manuel minitueux : les papiers découpés de Yulia Brodskaya

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couture printemps-été 2009 : calligraphie enchevêtrée tournant dans le dos, sur les côtés et en bas de cette longue robe.

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calligraphie ou l’art de l’écriture : frontispice de « Spieghel der schrijfkonste » imprimé en 1605

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couture : printemps-été 2009, robe éventail nouée à la taille. Dentelles, plis et imprimé se mêlent, créant des entrelacs et des volutes très graphiques proche du guillochage.

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graphisme : très fines lignes entrelacées dites guilloches. L’exemple ci-dessus est un fond que j’ai réalisé, à la fois décoratif et intégrant des fonctions de sécurité pour un document fiduciaire.

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haute horlogerie : guillochage sur le cadran d’une montre Kari Voutilainen (photo Equation du temps)

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haute horlogerie : guillochages sur les pièces de mouvement d’une montre Vacheron Constantin

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C’est dans la Haute Horlogerie que le guillochage fût d’abord utilisé. Ornemental à ses débuts, il est devenu gage du savoir-faire d’un artisan, la garantie du positionnement haut de gamme d’une marque. La plupart des montres de luxe, arborent des guilloches aujourd’hui.

Des guilloches d’un centième de millimètre faites par les mains d’une cinquantaine d’artisans à travers le monde pour la Haute Horlogerie, aux guilloches d’un dixième de point faites par le graphiste pour des documents Hautement Sécurisés (passeport, chèque de banque …), à la finesse du travail réalisé par la vingtaine d’ateliers de Haute Couture, des domaines où le savoir-faire se destine à des produits hautement qualitatifs.

Saison après saison Jean-Paul Gaultier crée des liens transversaux originaux entre diverses disciplines, y ajoutant son humour, sa nostalgie et son audace témoignant ainsi d’un bouillonement créatif sans égal.

What is cashmere ? – partie 2

Suite de notre apprentissage du cachemire dans les locaux d’Éric Bompard. Lucille Léorat, styliste, nous parle du goût anglais, du Pérou, de l’impression en 15 couleurs, des fantaisies que l’on peut appliquer sur un pull (les torsades, les différents points, etc.) et nous déballe nos pulls revenus de Mongolie.

Ci-dessous, la seconde partie du podcast (séquence live) ainsi que les photos de nos « cachemires ».
[mp3]http://www.lemodalogue.fr/audio/what-is-cachemire-part-2.mp3[/mp3]

Une fois nos pulls déballés et enfilés, notre plus grande surprise outre la qualité de ceux-ci fût que chaque pull correspondait parfaitement à son propriétaire, avec l’aide de l’équipe Bompard l’expérience bespoke a fonctionné à plein.

Nadia et Julie
Francesca
Julie
Stéphane
M. Éric Bompard

Un grand merci à toute l’équipe d’Éric Bompard, ainsi qu’à Brian Levy et Kaoliang, responsables de l’opération.

Modoscopie | Une matinée avec Jérôme Dreyfuss – II

Suite de l’interview avec Jérôme Dreyfuss, le créateur nous parle de mode, des blogs et d’un hypothétique retour dans l’habillement…

Beaucoup de femmes sont complètement dingues de tes sacs, tu as un grand fan club sur les blogs. Lis-tu certains d’entre eux ?

Pas beaucoup, parce que je n’ai pas le temps. Parfois, une de mes collaboratrices me montre les blogs et je suis vraiment étonné. C’est drôle, je ne comprends pas comment les gens peuvent passer du temps à écrire sur un sac. Çà me fait rire, c’est un autre monde pour moi. Cependant je suis vraiment emballé. C’est intéressant, parfois on y trouve des choses vraiment positives et d’autres fois c’est très négatif, ces gens disent ce qu’ils pensent. Cela peut m’aider à monter une collection, mais je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à Internet.

Le slow wear, prochaine grande tendance. Penses-tu qu’un nouveau styliste puisse démarrer une activité sans avoir une éthique bio?

Je ne sais pas, c’est difficile à dire. Il n’existe pas de règle pour commencer. S’il y avait une règle tout le monde utiliserait la même, et tout le monde ferait la même chose. Je ne sais pas s’ils sont obligés ou non de le faire. Je ne pense pas que ce soit déjà  le cas, mais ça viendra. Aujourd’hui, le souci c’est qu’avec toutes les pressions économiques que nous avons, c’est très difficile de lancer une nouvelle marque. J’ai vraiment de la chance, j’ai commencé il y a dix ans. Depuis mes débuts, très peu de créateurs ont réussi à se lancer.

Est-ce plus cher de produire bio?

Non, ça n’est pas plus cher. Je ne paye pas mon cuir plus cher que quiconque. Rien n’est plus cher, si vous faites attention.

C’est donc une fausse idée ?

Oui, c’est une fausse idée. Le biologique est simple, c’est juste le matériel que vous utilisez qui est bio. Après, vous faites ce que vous voulez. C’est plus l’utilisation de différentes pièces métalliques qui coûtent cher. Si le cuir coûte un peu plus il faut faire attention à ce que vous utilisez à l’intérieur des sacs afin de garder un prix normal. Donc non, je ne pense pas que cela coûte plus d’argent pour le faire.

Le modèle Tween Mini

Tu crées des sacs qui dureront toute une vie que l’on pourra transmettre. Considères-tu la slow fashion, comme un luxe?

C’est ce que je rêve de faire. Nous essayons de travailler de cette façon, j’ai toujours dit à mes clients d’acheter juste un sac et de le conserver pendant des années. Mais la pression de la société fait que les gens veulent changer la couleur de leur sac à chaque saison. Je voudrais qu’un jour ils le gardent pendant dix ans, ce qui ne sera pas bénéfique pour mon entreprise, mais ça m’est égal (rires) ! Ce que je veux, c’est aller dans le Sud de la France et faire du fromage.

Y-a-t-il une ligne prévue pour les hommes ?

Non, pourtant tous mes amis me le demandent, parfois je crée des sacs pour eux mais je ne suis pas intéressé par la cible masculine!

Et l’avenir? Un retour dans l’habillement ?

Je ne sais pas, c’est toujours le même problème. J’aimerais refaire des robes mais je ne veux pas être englouti par le business de la mode. J’aime ce milieu et je veux continuer à l’aimer. Donc c’est mieux d’en être éloigné, ça me permet de garder mon rêve, et j’ai besoin de rêver pour être en mesure de créer. Si je suis trop dans le business, je ne rêve plus. Lorsque vous voyez la réalité, vous ne rêvez plus. J’essaie de rester à distance pour me permettre de rêver et de créer. C’est très important pour moi.

Tu es un rebelle…

Non, je ne suis pas un rebelle. Je suis juste quelqu’un de simple qui cherche à faire son travail. Je ne cherche pas à être une star sinon j’aurais joué dans des films. Ce n’est pas mon métier d’être célèbre, mon job consiste à travailler avec des gens, avec mes mains. J’essaie tout simplement de suivre mon chemin.

À lire (read more)
Sur Buzz2Luxe, la tendance Slow
Sur Cubed.tv, le Slow Manifesto
Le site de Jérôme Dreyfuss

Interview : une matinée avec Jérôme Dreyfuss

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Quelques années après avoir partagé (à un an d’intervalle) la même école de mode, j’ai eu l’occasion de retrouver Jérôme Dreyfuss. L’homme n’a pas changé, toujours la même décontraction apparente, le sourire et un bon accueil.

Retrouvailles et interview au sein de son showroom parisien, un espace sis dans le XIe arrondissement où batifolent Billy, Francky, Twee et leurs amis sacs, soit environ « cent sacs au mètre carré »…

L’interview se concentre sur deux thèmes. Le premier, traite du label Agricouture lancé par le créateur en 2006 et qui s’ancre parfaitement dans la révolution « Slow », favorisant l’artisanat local et la recherche de la qualité, pour un produit avec une âme, l’anti fast-fashion. La seconde partie (billet suivant) est axée sur ses rapports avec la mode, les blogs et un hypothétique retour dans l’habillement.

A few years after sharing (one year apart) the same fashion school, I had the opportunity to meet Jerome Dreyfuss for an interview. The man has not changed, always the same apparent relaxation, home simple and straightforward. Homecoming and interview in his showroom, a space located in the eleventh district of Paris where Billy, Francky, Francky, Twee, and the other bags (approximately ten bags per square meter) enough to make all these crazy ladies …

The interview focuses on two themes. The first, developed today, deals with the Agricouture label launched by the designer in 2006 and well anchored in the Slow revolution, promoting local crafts and the pursuit of quality for a product with a soul, the anti fast-fashion. The second part (published tomorrow) is more focused on his relationship with fashion, blogs and a hypothetical return to the clothing business.

Retranscription de l’interview (french text version)

Parle-nous du label Agricouture. Qu’est-ce que c’est exactement?

C’est un peu compliqué. Agricouture est un engagement que j’ai pris envers mes clients. Je leur donne la garantie que les animaux que nous utilisons proviennent de la terre où ils vivent libres, ce qui est quelque chose de vraiment important. Ils ne vivent pas enfermés. Ils peuvent courir dehors, manger normalement. Je garantis aux clients que nous faisons le maximum pour éviter d’utiliser des produits chimiques lorsque l’on tanne la peau. Nous garantissons aussi que l’eau utilisée pour tanner la peau est recyclée ce qui est très important. Les choses ont changé en dix ans, quand j’ai commencé à travailler le cuir toutes les usines ne recyclaient pas l’eau. En 2012, je pense qu’ils seront tous obligés de le faire. Au début, aucune d’entre elles ne le faisait et il était difficile de trouver des usines qui souhaitaient recycler l’eau et ne pas rejeter la pollution hors de l’usine. Fondamentalement, c’est la garantie que je donne à mes clients.

Où fais-tu fabriquer tes sacs? Dans une petite usine, dans un « atelier »?

Je ne travaille que dans de très petites usines en Belgique, au Maroc, en Tunisie, au Portugal et en Espagne. Malheureusement pour nous, toutes ces industries ont disparus en France. Je travaille avec des petits « ateliers » et – comme j’aime à le répéter – avec quelques vieux artisans qui connaissent vraiment le travail. J’aime collaborer avec ces personnes car j’apprends beaucoup avec eux. C’est important de continuer à travailler avec ces petites entreprises pour d’apprendre d’eux, et qu’il puissent transmettre leurs connaissances à d’autres. C’est vraiment ce qui fait le luxe français, donc je pense que mon rôle est de travailler de cette façon.

Sais-tu pourquoi les marques haut de gamme (à l’exception de quelques-uns) ou encore les marques de grande distribution ne communiquent pas sur le « bio »? Penses-tu que cela aurait une réelle incidence si certains grands noms indiquaient la voie.

Je pense. Je ne suis pas sûr qu’ils vont communiquer à ce sujet, mais je suis sûr qu’ils le feront un jour parce ils seront obligés de le faire. Nous allons avoir des lois pour obliger les gens à travailler avec des produits propres. Donc, tout le monde va s’y mettre lentement. Les gens continuent à me parler d’agricouture, apparemment j’ai été l’un des premiers à utiliser ces matériaux et ces techniques. Maintenant, je vois quand je voyage je vois d’autres entreprises qui utilisent aussi ce type de produits, ce que je trouve bien. Je ne veux pas être le seul à le faire. J’espère que tout le monde suivra. Je suis sûr que les grandes entreprises s’y mettront aussi, mais pour elles cela exige beaucoup d’organisation et de modifications des usines, ce qui prend du temps. C’est plus facile pour moi parce que j’ai une entreprise plus petite.

A propos de la création, quand nous parlons de bio attitude, les gens pensent encore à quelque chose d’ennuyeux : couleurs fades, formes pauvres, etc. Mais ce n’est certainement pas ton cas, tes sacs ont de nombreux détails, qui semblent être très réfléchis. Comment crées-tu un nouveau sac, où trouves-tu l’inspiration?

Je trouve l’inspiration en regardant ma femme et mes amis. Je m’intéresse à l’architecture des années 30 aux années 60. Je suis surpris par des gens comme Noguchi, George Nelson, ou Jean Prouvé. Ces gens ont essayé de fabriquer des meubles pour le grand public. Ils ont essayé de faire en sorte que tout soit pratique et facile, c’était un peu les débuts des meubles slow. L’objet doit être pratique et bon marché. Je suis épaté par ces designers. Quand je crée un sac, je pense toujours à ce que ma femme et mes amis mettraient dedans. Je le fais en fonction de ce dont ils ont besoin de mettre l’intérieur. C’est pourquoi il y a beaucoup de poches et toujours une petite lampe à l’intérieur. J’essaie de rendre la vie des femmes plus facile, ce qui est vraiment très dur!

Tu ne sembles pas être sous l’influence des tendances.

Non, je ne m’intéresse pas vraiment à la mode. Avant je m’y intéressais plus, j’en rêvais. Mais je ne pense pas qu’elle soit créative aujourd’hui. Il ne se passe pas grand chose dans le monde de la mode aujourd’hui. C’est devenu un gros business et je ne suis pas intéressé ni par Madonna, ni par Mariah Carey, ni par le reste.

Plus maintenant ?

Plus maintenant. Je l’étais quand j’avais 20 ans, aujourd’hui j’ai 30 ans et je ne suis plus du tout fasciné par ces gens. Ce ne sont pas de vraies personnes, tout est faux, les seins sont faux, leur bouche est fausse, leur voix est fausse. Je préfère les choses réelles. Je travaille beaucoup avec des jeunes artistes. J’ai une bande d’amis qui sont peintres ou artistes. Ils sont plus créatifs que quiconque dans la mode, et ils m’inspirent beaucoup. Ils n’ont pas la pression que nous avons dans la mode, où nous avons tous besoin d’être dans la tendance, bla bla bla, et toutes ces choses stupides. Je me fiche de tout ça. Je préfère me recentrer sur mes émotions et essayer simplement de séduire les femmes.

(Suite demain)

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À lire (read more)
Sur Buzz2Luxe, la tendance Slow
Sur Cubed.tv, le Slow Manifesto
Le site de Jérôme Dreyfuss

Big up à Alex Very pour le montage vidéo, Katja Graisse et Céline Bastière pour la retranscription en français de l’interview.