Cerruti Men, forever…

In the background, a visual campaign by Paolo Roversi for Cerruti

cerruti-anita-leung-1Paris Fashion week, automne-hiver 2011-2012 – Vendredi 21 janvier 16h00, Place de la Madeleine

Texte and photos: © Anita Leung

Avec raffinement, l’Homme Cerruti s’affirme et se met à nu sous le plafond miroitant de la salle de défilé.

cerruti-anita-leung-2
A quelques minutes du show, les visages des mannequins se décrispent, les regards se portent sur les détails de cette collection aux airs faussement sages: les manteaux, vestes et blousons aux matières nobles (cachemire, mohair ou encore vison), sont parfois agrémentés de cols et de manches en cuir matelassé ou de bas de manches zippés de cuir noir… Les gants noirs en cuir lisse et peau de serpent viennent renforcer et dynamiser les tenues.

Ce défilé au sein de la Maison Cerruti est tout en symbolisme car il fait suite à deux évènements majeurs: la réouverture de la boutique historique place de la Madeleine en septembre 2010 et le rachat fin décembre 2010 de la Maison Cerruti par le groupe chinois Trinity, provoquant par la même l’arrêt de la ligne Cerruti Femme*, la filiale de Li & Fung se concentrant uniquement sur la mode masculine de luxe.

Parmi la palette de gris, de noir et de brun, Cerruti se démarque cette saison de certains autres créateurs en optant pour une tenue de couleur rosée moins agressive que la couleur rouge… pourtant symbole de chance et de prospérité en Asie. Est ce une entrée en douceur sur ce vaste marché ou une timidité élégante ?

cerruti-anita-leung-3

A few minutes before the show, the atmosphere is going cooler. Let’s focus on this falsely wise collection. I want for exemple these coats and jackets made with the finest materials (cashmere, mohair or mink) with padded leather collar or sleeves or these black leather zipped cuffs… Black leather and smooth snakeskin gloves also give a boost to the outfits.

The Cerruti’s show follows two major events: the re-opening of Place de la Madeleine’s historic boutique in last september and the recent acquisition (december 2010) of the brand by the Chinese group Trinity immediately causing the end of Cerruti Women*, Li & Fung focusing solely on menswear luxury.

Gray, black and brown, Cerruti stands out by mixing these colors with a pink, less aggressive than red… Red a symbol of luck and prosperity in Asia. Is it a smooth entry to this vast market or just a shyness elegance?

cerruti-anita-leung-4

Il est certain en tous les cas que la renaissance de Cerruti passera par son développement en Chine. Après avoir investi le cinéma dès la fin des années 80 dans des films comme Bonnie and Clyde, Pretty Woman ou encore Basic Instinct, peut on s’attendre à ce que cette marque de renom défile sur les génériques des films de Wong Kar Wai ?

En cette nouvelle année du Lièvre, placée sous les meilleurs hospices, espérons que cette prestigieuse griffe à l’identité humaine, familiale et culturelle forte aura une Dolce Vita dans le « pays du Milieu ».

C’est en tous les cas un beau challenge pour Florent Perrichon -président de Cerruti depuis 2008- qui donnera assurément une seconde jeunesse à la marque.

Cerruti’s revival, that we all waiting for and development, is now linked to its development in China. Deeply involved in the cinema during the 80s (Bonnie and Clyde, Pretty Woman, Basic Instinct…) can we expect Cerruti’s garments in the next Wong Kar Wai’s movie?

In this New Year of the Hare, we hope that this famous brand will have a Dolce Vita in the « Middle Kingdom ». A great challenge for Florent Perrichon (Cerruti CEO since 2008).

Cerruti, la belle endormie

La Fashion week Paris c’est demain, après New-York, Milan, Londres, la capitale française va vivre dix jours que l’on souhaite euphoriques.
À cette occasion, Cerruti présente sa nouvelle collection en preview ce vendredi dans les vitrines du magasin sis au 3, place de la Madeleine à Paris.

Pour cette collection hivernale, le directeur artistique Jean-Paul Knott opte pour une palette de couleurs sombres, monochromatique, à l’image des réalisations qu’il crée pour sa marque, avec la dimension créative et débridée en moins.

Ici rien ne dépasse, le ton est juste. Les pantalons et les sarouels ont un beau tombé , les encolures se posent parfaitement (trop?), on aimerait un peu plus de chaleur et de folie la saison prochaine dans les coupes et dans les couleurs pour cette belle marque italienne qui n’a plus l’âge d’être timide.
En avant première, voici quelques modèles de la collection Automne-Hiver 2009-2010.

Mercato d’hiver

Lu la semaine dernière dans la presse (Le Figaro), un état des lieux des directions artistiques des différentes maisons de couture. Force est de constater que cela a énormément bougé, que ce soit pour la mode homme ou la mode femme.

La tendance est d’intégrer sur la plus haute marche de la création non pas une diva, mais un créateur au profil « studio de création ». Chloé et Gucci avaient lancé la tendance, précise l’article ; en effet Phoebe Philo a remplacé Stella Mc Cartney et Frida Giannini a succédé à Tom Ford ; le mouvement s’est accéléré et d’autres maisons ont suivi (Calvin Klein…).

En plus de cette tendance de fond, une série de « transferts » se sont opérés depuis le début de l’automne, chamboulant la carte des DA des maisons de couture parisiennes ; ainsi on retrouve Paulo Melim Andersson chez Chloé (exit Phoebe !), le talentueux Olivier Theyskens chez Nina Ricci, Dai Fujiwara chez Issey Miyake, Giles Deacon chez Daks, Nicolas Andreas Taralis chez Cerruti, Sophia Kokosalaki chez Vionnet, Damian Yee chez Guy Laroche ou encore Peter Dundas chez Ungaro.

Plus dure est la situation de la mode masculine : plusieurs maisons ont en effet pris le virage du relifting, mais sans le succès connu par Dior Homme, hélas… Au vu du travail réalisé par Oswald Boateng chez Givenchy, ou encore Jason Basmajian pour ST Dupont, cela me semblait prendre bonne tournure, les lignes se modernisant, attirant de facto une nouvelle clientèle. Mais les résultats financiers n’étant pas bons, ou en tout cas pas assez rapidement bons, Franck Boclet a ainsi quitté Smalto, Oswald Boateng est sur le départ, Jason Basmajian a été remercié et Pierre-Henri Mattout est également sur le départ chez Dormeuil…

Les maisons de couture masculine ou féminine n’ont aujourd’hui plus le temps, ni l’argent, les résultats financiers doivent se voir quasi-immédiatement ; les créateurs ont donc pour mission de « générer du cash » le plus rapidement possible, sous peine de se voir remercier rapidement, et ce, quel que soit leur talent.

Dans un autre registre, mais concernant toujours les changements de créateurs, Irène Leroux a quitté Erès (groupe Chanel), LA marque de maillots de bain et de lingerie qu’elle avait créée en 1968. Elle sera remplacée par la styliste Valérie Delafosse. Il sera intéressant de suivre les nouvelles (?) orientations de style que cette dernière va y apporter.

Au milieu de ce constat, seule la maison LVMH et ses énormes moyens financiers peut se donner le temps de « recadrer » un John Galliano – avec le succès que l’on sait – et de redéfinir la mode masculine avec Hedi Slimane. Karl Lagerfeld et ses 24 ans chez Chanel fait figure de héros… génial héros, qui a su relancer, moderniser, recréer et propulser la maison de la famille Wertheimer. Quel créateur intégrant une maison peut « espérer durer » autant que lui aujourd’hui ?