PFW | Steffie Christiaens AW12 , collection H2O

La première silhouette, all black, annonce la couleur et confirme l’évolution du travail de Steffie Christiaens. Cette silhouette évoque autant une hiératique héroïne hitchcockienne que Rachel l’héroïne de Blade Runner. Passionnée par les quatre éléments et la science, Steffie Christiaens compose telle une Marie Curie de la mode.

Depuis sa première collection présentée il y a un an au Musée de la Monnaie, la créatrice à féminisé et assoupli ses silhouettes, belle évolution. Vestes, chemises, manteaux, blousons sont plus structurés et enrichissent la collection. Elle rend son univers qui évolue entre technologie et influences élementaires (eau, feu, air, terre) plus accessible.

Le manteau ci-dessous prouve que la créatrice est en mesure de proposer des pièces singulières, respectueuses de son style et qui ne se cantonneraient pas uniquement à des concepts artistiques.

On retrouve cette ligne caractéristique que l’on apprécie chez la jeune créatrice hollandaise. Découpes multiples, larges plis (plus dociles que lors des précédents défilés). Une silhouette qui se veut à la fois stricte, proposant des cols fermés hauts ou relevés, des épaules marquées et sulfureuse, alignant des robes et jupes portefeuille.


La femme Christiaens portera aussi des chaussures plates désormais, this is new !


Des bottes à l’allure insectoïde avec des volets façon élytres

Ci-dessous un modèle très Christiaens, une veste à manche kimono dont le devant est bouleversé par un tissu tellurique, un courant d’air, un courant aquatique ou tout autre manifestation élémentaire…


Les collants sont aussi fissurés comme de la glace…

Cette saison Steffie Christiaens a expérimenté plusieurs types d’accessoires à base de plexiglas, métal et… eau (l’élément inspirant de cette collection). Ces accessoires à porter au bras, autour du cou ou sur les doigts rappellent les éprouvettes utilisées en laboratoire.

Pour le final, la styliste propose des silhouettes immaculées, rebrodées de tiges en plexiglas. Steffie Christiaens rappelle ainsi son attachement au travail artisanal. Le rendu 3D des modèles évoque, la glace, des éclaboussures, des stalactites ou un écoulement d’eau.


Paris Fashion Week | Steffie Christiaens


Robe brodée de crin de cheval

Steffie Christiaens, has not finished playing with the Elements. Her clothes always seem moved by the forces that surrounding us. Her dresses, skirts and jackets seem captured (as a still image) moving around the body, creating a « frozen flow ».

The garments created by Steffie Christiaens do not embrace the body with glamour as usual but are the result of rashes, blisters and projections.

Accessories are also important in the style of Steffie Christiaens. The beautiful shirts collar and necklaces, the shoes and the bracelets experience the same twists as the clothing.

For her first summer in Paris Fashion Week we discover that Steffie Christiaens can add some sensuality in her style. For summer 2012, we will have swimwear, very short dresses and necklines never seen before. All this creates a contrast with the apparent rigidity of the clothes and, as usual, a cold palette of colours (silver, black, blue), except perhaps, the acid yellow (as seen on many shows).

« Don’t forget the clothes, we’re are not Lady Gaga! » some people say at the end of the show. It is certainly not far from the stage costume sometimes, even if the latest outfits (see last photos) are « simpler ».

Steffie Christiaens follow the trend of those young designers that create sculptural garments (Yiqing Ying, Sandra Backlund or Iris Van Herpen…)

Les maillots de Steffie – Swimwear

Les sculpturales – Sculptural dresses

Below, Steffie Christiaens’ style, even a « simple » short skirt is created with cutouts, reliefs and overlays.

Les plastron-bijoux – Necklaces and shirt collars

Wood and stone minaudiere (held with an in-built glove)

or to be worn as a grenade with an evening gown…

Feel the heat | Steffie Christiaens

Paris Fashion Week –

I first met Steffie during Festival de la Mode d’Hyères two years ago (she was a finalist alongside Maxime Simoens). Since then i was very interested by her work.

The young designer has sureley something to achieve with « elementals » and nature. In 2009 the garments were under the influence of the wind. Two years after, for her first collection, it’s all about the fire, the « heat » say Steffie, a collection about the effects of the heat on the material.

So as in Hyères in 2009, the garments are distorted, have torsions like little eruptions. These effects are not easy to render and Steffie is doing it very well.

The creations of Steffie are futuristics but not too caricatural, a difficult exercice and reminds me sometimes, 1997’s « Bump and Mind » collection from Rei Kawakubo.

Below, swirls like dancing flames on the grey jacket and on the cobalt blue dress.

See the flames below (use yourimagination)? Some of her conceptual silhouettes is like sculptures (shaped by the heat), an interesting 3D work on the volume and shape.

The chromatic choice could be surprising as for heat you expect hot colours (yellow, red, orange…) but here it’s cobalt blue for the center of the flame and black for coal…

What next ?

Steffie Christiaens’ garments are not only experiments or for the art scene. Below a crocodile and python jacket with a fluid modern pant

An other fluid silhouette based on crocodile and python large shirt

Below, a serie of jackets and coats

Fitted black coat with an arm ring

Below a 3D jacket with a thrown collar

Festival International de la mode d’Hyères 2009

Le plus difficile lors d’un festival comme celui d’Hyères est de savoir faire la part des choses, différencier les créations coup de cœur des créations qui augurent d’un réel potentiel.

L’an dernier Jean-Paul Lespagnard et Matthew Cunnington se trouvaient aux antipodes l’un de l’autre stylistiquement parlant, mais tous les deux jouissaient d’une certaine crédibilité.

Cette année, je suis un peu passé à côté des choses; n’ayant pas pu assister à la première journée du festival, je n’ai pas pu prendre le temps d’apprécier l’ensemble des collections et des expositions. Dimanche j’en étais encore à mes coups de cœur et ne portais qu’une légère attention au buzz autour du duo letton, futur lauréat de l’édition 2009.

De mes échanges avec les différents designers et photographes, voici ce que j’ai retenu/aimé/détesté de ce week-end pluvieux mais toujours passionnant :

J’ai noté

qu’une grande partie des créations présentées cette année étaient finement « ciselées », beaucoup de plissés, de découpes et d’empiècements…

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Création Maxime Simoens, sur le thème du kaléidoscope, multiples découpes et bas de robe mille-feuille.

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Création Thomas Trautwein, « Bandit Couture » : gilet à empiècements multiples, fermeture Perfecto et aux épaules plissées

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Plissés réguliers sur le devant de cette robe « chic et choc », création des lauréats Marite Mastina & Rolands Peterkops

J’ai été étonné

car la moitié des designers sélectionnés se réclament de la Sainte Trilogie « arty-fashion » : Martin Margiela/Rei Kawakubo/Hussein Chalayan, voire des trois à la fois. Une tendance qui m’a fait leur demander naïvement s’ils se considéraient plutôt comme des fashion designer ou des artistes. Bien entendu leur réponse fut unanime: la finalité est de créer des vêtements destinés à être portés (wearable)…

La créatrice la plus emblématique de cette tendance est Melody Deldjou Fard dont le thème explore les transformations corporelles résultant de notre interaction avec les technologies, ses vêtements (sauf un) défilent sur des mannequins de chiffons portés par des mannequins de chair…

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Création Melody Deldjou Fard
Ci dessous deux extraits très courts d’un entretien avec Melody et Anémone Skjoldager lorsque je pose ma « question-piège » (éclats de rire inside) :
[mp3]http://www.lemodalogue.fr/audio/fimh2009-fashion designer vs artist.aif.mp3[/mp3]

J’ai été charmé

par la démarche créative de Steffie Christiaens qui a réalisé sa collection en photographiant des vêtements basiques soumis à l’influence du vent. Ces instants « saisis » font apparaître des formes inédites à partir desquelles elle crée le vêtement. Idem pour les créations d’Anémone Skjoldager qui construit ses vêtements à partir des projections qu’elle réalise sur des acrobates vêtus de blanc; le motif crée le patronnage, générant des formes inattendues. Des démarches proches où photo et vidéo, manipulées par le créateur, sont à la racine du processus créatif.

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Création d’Anémone Skjoldager, bichromie géométrique, sous influence Op Art

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Création de Steffie Christiaens, qui rappelle les réalisations de Rei Kawakubo pour Merce Cunnigham

J’ai aimé les propos

de Camille Vivier sur la fascination qu’exerce l’art contemporain sur les stylistes de mode et la mode sur les artistes contemporains.

Je suis passé à côté

des hermétiques vidéos de Camille Vivier (ci-dessous Boojie Girl, par A Shaded View)

Je me suis effacé

comme les mannequins de Thomas Trautwein, Melody Deldjou Fard et Marite Mastina & Rolands Peterkops.

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Bandit romantique sans visage (très margielesque)

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N’est pas le mannequin qui croit chez Melody Deldjou Fard, le mannequin « sans vie » vole la vedette.

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Coiffure oversize pour détective incognito chez Marite Mastina & Rolands Peterkops

J’ai aimé

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cette veste (bien que j’aurais préféré une manche gauche classique) de Thomas Trautwein, dont j’étais persuadé qu’il allait remporter le grand prix du jury.

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cette robe faite de bandelettes de cuir de Steffie Christiaens

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ce manteau d’Harald Lunde Helgesen lauréat du prix Crystallized-Swarovski Elements

Dans un prochain billet je vous montrerai les modèles des lauréats ainsi que les nouvelles collections des gagnants de l’édition 2008, et vous parlerai de mon coup de cœur pour la photographe mexicaine Alejandra Laviada.740