Spike Jonze | Un brin « wild »

Rencontre avec Spike Jonze, réalisateur audacieux, un brin provocant et généreux. L’occasion m’était donnée de le rencontrer(1) mardi dernier avant la projection de Where the wild things are (Max et les Maximonstres).

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« Everyhting is tumbling down with Spike Jonze »,
plus qu’un réalisateur, Spike Jonze est un
créateur d’émotions.

Spike Jonze, ne parle pas beaucoup de son travail sur ce film, évite les questions du journaliste, qui pour lui sont des affirmations et non des questions. Il préfère échanger avec le public et nous demander notre ressenti sur certaines scènes visionnées juste avant. Le journaliste un brin maladroit s’enferme dans une interview préformatée et perd rapidement le contrôle de la situation, il est sur le point de prendre ses cliques et ses claques et de quitter la table. Séquence émotion ce soir là.

Je connais bien le livre et son adaptation sur grand écran ne m’a pas point déçu. J’avais gardé en mémoire une impression de « gros chahut », de chaos et de vagabondage, impression que j’ai retrouvée à l’écran.
Les monstres sont très bien « incarnés », ils sont à la fois attendrissants et inquiétants; on retrouve toute la poésie et l’onirisme sauvage de l’ouvrage de Maurice Sendak.

Where the wild things are c’est un peu l’apprentissage de la vie, Max, un enfant de neuf ans apprend à contrôler son côté sauvage (wild side) et gérer ses émotions (la peur, la colère, etc.) chacune représentées par un monstre.

J’ai en outre retenu que:
L’univers de Spike Jonze n’est pas si éloigné de celui de Michael Gondry et vice et versa (ils ont, par exemple, réalisés chacun des clips pour Björk). J’ai appris qu’ils pratiquaient entre eux une sorte de « compétition amicale »: « Si je réalise quelque chose que Michael trouve intéressant, je sais que j’ai fait un truc bien et vice et versa » nous confiera-t-il.

Grand fan de Karen O et au vu de la piètre prestation des Yeah Yeah Yeahs, son groupe, au Bataclan en avril dernier j’avais des doutes sur la bande son, il n’en fut rien, elle est en parfaite symbiose avec le film qui sort le 16 décembre.

NB: Pour avoir bien répondu à une de ses questions, Spike Jonze à jugé bon me donner 2 DVD de son répertoire. Depuis je considère que nous sommes potes, souvenez-vous, c’est un peu comme avec Lou


(1) Une rencontre réalisée par l’intermédiaire de Balistik’Art

Bernhard Willhelm et la transversalité

Bernhard Willhelm, créateur d’origine allemande, diplômé de l’Académie Royale d’Anvers en 1998, a été successivement l’assistant de Walter Van Beirendonck, Alexander McQueen, Vivienne Westwood et Dirk Bikkembergs.

Son style, énergique, rempli d’humour, mêle parodie, recherches sur les volumes et imprimés très graphiques. Il fait référence aussi bien au costume folklorique de sa campagne bavaroise, qu’au boubou africain ou à la tenue de Superman…

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Ci-dessus Été 2006 ©vogue.com

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Ci-dessus Automne-hiver 2008

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Ci-dessus Printemps-Été 2007

Dès 1999, il crée sa propre marque et connaît un sacré succès lors du défilé de sa première collection femmes à Paris, Suzy Menkes lui adressant personnellement une lettre de félicitations !

De 2002 à 2004 il a été directeur artistique de la maison italienne Capucci, dont il lance le prêt-à-porter. En 2003, il fait défiler sa collection homme et plus récemment à créé une ligne de chaussures.

C’est cette personnalité à part, cet esprit « arty-intello », sans cesse en mouvement créatif, qui a déterminé le choix de l’artiste-chanteuse Björk. Le créateur s’est donc mué en artiste, en sculpteur plus précisement, le temps de la réalisation de la pochette du prochain album de la diva islandaise. On y retrouve les codes du style Willhelm, couleurs, volumes exagérés et humour. En marge du système dans lequel ils évoluent, ces deux créateurs semblent faits pour s’entendre et Björk, dont les précédentes collaborations l’ont emmené à cotoyer d’autres stylistes atypiques comme Jeremy Scott ou Alexandre et Matthieu est coutumière du fait.

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Ci-dessus, pochette de Volta, le prochain album de Björk. Sculpture par Bernhard Willhelm, photo de l’incontournable Nick Knight

Björk, la mode et le graphisme

Il est intéressant de constater l’évolution des relations entre la chanteuse Björk et les deux domaines que sont la mode et le graphisme.
En effet, Björk était il y a quelques années, peut-être un peu moins aujourd’hui, une muse et surtout une ambassadrice de la jeune création de mode. Souvenons-nous de ces moments forts: la montée des marches, puis la Palme en mai 2000 à Cannes en robe d’Alexandre et Mathieu ou la robe Ange créée par Jeremy Scott (mise sur la tournée Homogenic en 2001); sans oublier les As Four, Bernard Wilhelm etc. Comme Madonna lors de la précédente décennie, faire porter une de ses créations par Björk est gage de succès, la meilleure façon de débuter sa carrière…

Qu’en est-il aujourd’hui ?
Pour Medulla son dernier album, Björk à fait appel au M/M Paris duo de graphistes français, de renommé internationale et dont le champ d’activité s’étend du graphisme à l’art contemporain. Les M/M Paris ont collaborés avec Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin pour la vidéo de Hidden Place et ont conçu la typo et le graphisme que l’on trouve sur l’album et utilisée pour le collier que porte la chanteuse en couverture. Les M/M Paris ont imprimés de manière forte leur style à travers ces deux réalisations pour Björk.
Il ne fait pas de doute que bien que confidentiel, la visibilité apporté par Björk sur le travail de ces deux graphistes en a été plus évidente.
Björk muse et ambassadrice se fait visionnaire identifiant parfaitement l’évolution et crée un lien entre ces deux mondes que sont graphisme et mode.


Björk en Jeremy Scott, sur la tournée Homogenic en 1998


Mai 2000, Bjork en Alexandre et Matthieu avec Lars Von Trier pour la Palme d’or.


Graphisme pour la pochette du EP « Hidden Place »

 


Björk « en » MM/Paris pour la couverture de l’album Medulla.

Voir égalemment le billet que j’avais déjà  consacré aux MM/Paris