Peau neuve #2

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« Impression » Justin Bartels

Sans titre-1« Impression » est une série de photos réalisée par Justin Bartels. L’artiste traite de l’empreinte du vêtement sur le corps. C’est cette fusion qui m’a intéressé, comme une sorte d’emprise à double sens. Le vêtement devient partie intégrante de la chair alors que celle-ci l’enferme, il est impossible de les distinguer séparément. Ces clichés m’ont rappelé ceux d’Erwin Blumenfeld (ancien photographe de mode ayant participé au mouvement Dada), dans sa série « Wet silk » (ici). La soie emprisonne le vivant, tout en se formant au gré du mouvement, épousant la peau, et par ce fait est elle aussi détenue.

Ces œuvres nous questionnent sur le support et l’objet, lequel est dessous, lequel est dessus? Lequel des deux domine?

A découvrir ici

Dans le même esprit, les premières silhouettes du défilé SS/1998 femme Issey Miyake, ici.

« Delivrance », Alexander McQueen

Ci-dessus un extrait du défilé prêt-à-porter Femme SS/2004 d’Alexander McQueen. Si les représentations du créateur furent pour la plupart surprenantes, je trouve l’atmosphère de celle-ci particulièrement troublante. L’harmonie est totale. La musique, Strangers de Portishead sur l’album Dummy, est à la fois douce et rythmée. La lumière laisse apparaître des corps déambulants, agiles et aériens. Une performance pleine de nonchalance et d’ivresse, qui amène les vêtements comme des ondes. Presque invisibles, mais présents.

Le défilé entier (18 mn) visible ici

Concernant Alexander McQueen, « The Archivist » regroupe en deux boards (ici et ici) près de 1000 silhouettes réalisées par le créateur (pour Givenchy ou pour sa propre maison), des archives surprenantes et engagées des années 90, très inspirantes.

Diva Lady Gaga

Gaga inspiration – Ascension fulgurante pour Stefani Germanotta aka Lady Gaga, en 2007 inconnue ou presque, elle chante avec Lady Starlight en bikini brodé de petits miroirs « boule a facettes » lors du Lollapalooza festival, trois ans plus tard elle collabore avec le photographe Steve Klein.

Hypnotisante, agaçante, troublante, folle, ridicule, géniale, provocante, monstrueuse pour certains, sublime pour d’autres… Personnalité hors norme elle ne pas laisse pas indifférent.

Lady Gaga fait du bien à la scène artistique, elle stimule et défie comme d’aucun ne l’a fait depuis des années. Elle « impacte » en tant qu’artiste et pas seulement en tant que chanteuse (oui elle est transversale). Fascinante, elle est source d’inspiration pour maints créateurs, mais également hors de la scène artistique comme lorsqu’elle se retrouve être le sujet de ce cours donné dans une université américaine.

Qu’on le veuille ou non elle est un nœud sociologique et culturel, un point de convergence et de transfert pour l’art et la mode. Son parcours est aussi indissociable de la progression d’internet. Plus populaire que Björk qui a influencé la scène artistique alternative et branchée des années 90, Lady Gaga est plus proche d’une Ciccone 2.0.

A travers elle, des artistes comme Yazbukey, Jean-Claude Jitrois, la maison Thierry Mugler, Mouton Collet, Amylee, Brisa Roché, Alexander McQueen, Aurèle, Vainui de Castelbajac, Jean-Paul Gaultier ou Arnaud Pagès se sont exprimés ou ont collaborés avec elle.


Arnaud Pagès devant ses créations à la Reflex gallery, Paris

A l’heure de la fast food, de la fast fashion ou du fast love il existe aussi le fast show-business, « buy it, use it (…) trash it » chantent les Daft Punk (in Technologic). Ce que l’on attend d’une artiste comme Lady Gaga désormais c’est de nous montrer sa capacité d’adaptation pour ne pas finir dans la poubelle de nos iMac.

Transgressive et mainstream, c’est possible ?

Les attitudes borderline finissent tôt ou tard par devenir mainstream. Les MTV Awards sont une vitrine où elle a tantôt orchestré sa mort, paradé dans la robe-viande de Franc Fernandez et raflé un nombre impressionnant de trophées, so what else maintenant?

Quand Madonna choquait une fois par ci par là au travers d’un clip provoquant ou d’une collaboration sulfureuse, Lady Gaga se doit de braver l’opinion tous les six mois, voire tous les trois mois, adapté au rythme de l’époque, à la manière d’un designer de mode enchaînant les collections pre-fall, puis resort, puis automne-hiver, puis printemps-été…

Lady Gaga est-elle réellement créatrice? Comme le disent certains professionnels de la mode à l’instar de certains stylistes « on a rien créé en mode depuis 30 ans, on renouvelle » ne fait-elle qu’opérer un simple renouvellement de son style, une accumulation de faits provocants? Lady Gaga n’est-elle déjà  qu’une transgressive-mainstream artist?

Générationnel ?

Autre piste, la notion de durée a-t-elle cours aujourd’hui? Etre un artiste qui reste au top pendant 5, 10 ou 20 ans n’intéresse peut-être plus les générations actuelles. Il n’y a pas de place, ni d’envie de nouveau Michael Jackson. Ce qui compte désormais c’est la première impulsion, la force de celle-ci, le first-impact artistique, visuel et social. Les artistes ne sont plus des coureurs de fond mais des sprinters. CQFD.

Mugler x Gaga = coup de poker ?

La Lady relance Polaroïd et point de passage obligé, nous prépare sa fragrance pour l’an prochain. Mais c’est l’arrivée de Nicola Formichetti son styliste attitré dans l’équipe de Thierry Mugler qui suscite le plus d’attentes.

Le style de Thierry Mugler qui a habillé les plus grandes stars des années 80-90, se marie plus qu’aucun autre créateur avec le style détonnant de l’artiste américaine (à voir abso-lu-ment les vidéos du défilé époustouflant de 1995 célébrant ses vingt ans de création ici, ici, ici, ici -au début de cette séquence on y voit le fourreau porté par Lady Gaga-, ici et ici)

Rendre Thierry Mugler « gaga de Gaga » n’est-ce pas la meilleure façon de réinjecter de la vie dans cette maison en sommeil? Gageons que l’avenir sera riche en surprises car rien ne serait plus décevant, en effet, de voir disparaître l’interprète de Poker Face aussi vite qu’elle est apparue.


Alexandra Boucherifi, curator, portant un collier de Michael Pelamidis

Il vous reste quelques jours pour découvrir l’exposition Gaga expérience mise en place par Alexandra Boucherifi à la Reflex gallery. Vous y verrez du fan art d’amateurs et d’artistes connus ou inconnus, des toiles et une sélection de tenues de scène, soit une petite partie de l’iceberg créatif modelé par la diva.

Reflex Gallery, 62, rue Jean-Jacques Rousseau – 75001 Paris

Créatures

Force est de constater que depuis l’arrivée massive des designers anglo-saxons à Paris au milieu des années 90 (Alexander McQueen et John Galliano en tête) et les succès de quelques stars du show-business typés « goth » (Evanescence, Lily Allen, etc.) ce style gothique s’est comme banalisé, affiné et modernisé sur les podiums et dans la rue.

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Ces dernières saisons ce sont les garçons qui sont fascinants, à l’origine de tout çà le succès d’Hedi Slimane chez Dior Homme sans doute (mais aussi Kris Van Assche et Raf Simons).

À l’extérieur du défilé Dior la semaine dernière la tendance n’a pas changée, il y a toujours autant de jeunes gens, des créatures, à la maigreur étudiée, au style précis, précieux et monochromatique.

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Difficile de manquer Charles Guislain lors de ces défilés homme; le prochain « it-boy » de la mode masculine selon certains.

Nathalie Massenet

Un court billet pour vous inviter à lire une interview de Nathalie Massenet, femme d’exception, qui effectue un formidable travail avec son site haut de gamme netaporter.com.

Dès 1999 elle propose de vendre online des vêtements haut de gamme, monte son projet contre toutes les critiques, gère aujourd’hui près de 350 employés et distribue via son entreprise aussi bien du Vanessa Bruno, que du Roksanda Ilincic ou du Alexander Mc Queen et ce à travers 160 destinations.

Bel exemple de réussite (des bruits ont couru concernant un éventuel rachat par LVMH) et de l’importance du réseau internet dans notre quotidien. Le vêtement, notre seconde peau, quelque soit sa gamme de prix peut aussi se consommer online.

À lire ici sur Business of Fashion

Interview : Un cocktail avec Giles Deacon

Une interview de Giles Deacon, créateur très demandé depuis son succès lors de la précédente Fashion week londonienne, réalisée avec Stéphane Galienni.

On y parle de création, de ses amités avec Luella, Stella Mc Cartney ou Gareth Pugh, d’internet et des blogs, de Pac Man et de Moscou.

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Park Hyatt Paris Vendôme, december 4th, 2008

Me: In 2007, you won a BFA(1). This year, Luella won the BFA. You are friend of Gareth Pugh… is there a Deacon posse?

GD: I suppose it appears that may be from the outside, but Luella that I knew from St Martin’s was two year below me. I have known her for fifteen or more years. Gareth, his studio is very close to mine; I’ve known him for five years. I think it’s very different in London than it is say in Paris where people work very, very independently. There is no crossing at all. In London everyone is with each other all the time, it’s much more like a healthy competitiveness, than a kind of people are more willing to help out each other.
(1) British Fashion Award.

Me: It was the same thing with the previous generation, John Galliano, Alexander Mac Queen or Antonio Berardi?

GD: Yeah, I think it worked like that. I mean it’s…in particular with this group, kind of group you are talking about now…I was a bit of a funny one. I was in college with Alexander, Stella, but I set my own company relatively late, because I wanted to go work for other people. I worked with Jean Charles de Castelbajac in Paris, Gucci, Bottega Venetta, etc. I wanted to get kind of get experience about the cities and the way which other people work. I left college and I didn’t really know how it all worked. I really wanted to see that, I think that I really benefited me in the kind of outlook I have. I think I have, from a design perspective, a slightly different understanding of what customers and people around the world want.

Me: In 2003, you opened your fashion house. What does a designer need today to start in this business (except money -smile-?)

GD: First of all a good relationship with the bank manager who looks after your money (laughs). They need to have a very clear idea of what their esthetic is about, what they want to achieve from setting up a fashion house. I hate to use the word « DNA » that people seem to like to use, but you need to know what the thing is that you’re wanting to project.

Me: A lot of new designer are coming from London, you, Gareth Pugh… Do you think it’s easier for a new designer to start in England ?

GD: Yeah… so much easier. I think the reason is the colleges and I think the general kind of cultures in London is so diverse and it’s very ideas driven from music through to graphics, art. There’s a big interest in creativity and ideas. It’s kind of is everywhere and for some reason it seems to work. You sit and try analyzing it, as I’ve thought about it before… but I don’t really know what the answers are, but it kind of exists and it does. It’s just kind of one of those things, which is great…great for London

Me: Because there is more creativity?

GD: I don’t know if it’s that… I think that there is from an outside perspective from people all over the world, I don’t know why, there is a much bigger willingness to kind of accept something new from London than pretty much anywhere else. I don’t know if there’s lots of ideas…I don’t know, but it seems that if it’s « from London » it might be something. I don’t know, that seems to be the impression that I get. I think it’s a shame because there’s lots of great people starting up in all sorts of places that are really, really good and I think it’s all harder for them in certain worlds to get as far…you can reach a bigger audience much quicker in London, I think than lots of other places.

Me: You worked for Louis Vuitton and Ralph Lauren and they are very different in style, how difficult was it for you to adjust, question #1, and would you call it a useful experience ?

GD: I think it’s a very useful experience, if you decide to go want to go and get a job which is what the idea of what I wanted to do when I graduated from college, because you know that the number of graduates who end up working in design is tiny. I wanted to go and get experience working in other environments and you pick certain areas in your personality that you feel you have some connection with from a design perspective. It’s really important, as a designer, you should be able to understand what these different houses thing is about… and then put you take and understanding on how to design for that house. That’s why when people come and work for me and I set them a project to do, I don’t know, design some skirts or something for the collection; it’s no good if they come back and just come back with things just suitable for Comme des Garcons…they have to get an understanding of what the house is about and it’s a very, very important thing as a designer…especially if you want to work.

Me: There was in your last collection « some » Pac-Man, Pac-Man prints, Pac-Man hats… Giles are you a computer geek??

GD: I don’t think I’m a computer geek, I love all aspects of technology, and I embrace that very much so and if that means I’m a computer geek, then maybe…. The whole idea of using Pac-Man was something that came along from when we were doing fittings with Stephen Jones who is the milliner. Every season it works differently. For the forthcoming show, we’ve already designed all the hats and the clothes are going to be designed after the hats. The shoes that Christian Louboutin has done have been designed already, so the clothes will be designed around those. Whereas last season; it worked in a way that the hats came quite late in the process. The clothes were coming out quite graphic, the colors. It just worked, we played with shapes, we made these balls….and said, »They look like Pac-Man. »…then we decided, « Wouldn’t that be funny? Wouldn’t that be a nice idea? « . That’s how it came around. It wasn’t because I used to sit playing Pac-Man all the time. I like it when accidents and intuitive things come along. I like it when it’s not so all referential throughout the collection.

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.. in your last collection some Pac-Man, Pac-Man prints, Pac-Man hats…

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All catwalk photos Imaxtree


Me: I loved your prints and you mentioned graphics… Do you work with graphic designers on this collection?

GD: Yeah, every season I have. There is this guy called Rory Crichton who I’ve known for a long, long time and we work very closely together. Again, there is no set format of how we do it. Sometimes Rory will come along to a fitting and we’ll discuss things…tear sheets that I’ve saved over a period of time or things…might be something we see today, see something take a photograph of it, print it out. We keep big archive books of just images of things. You intuitively feel certain times, certain things feel right. Let’s do an abstract camouflage or something. It just works like that or Rory could have an idea of something that he maybe wants to do, some ideas he’s had and then we’ll design something for the print. So, it can work in many ways, which I really like, it keeps it fresh and the ideas exciting instead of seeing reams of ready to buy prints. I really like designing them. We work really closely on that.

Me: On the subject of that collaboration, today there are many cases of such a types of collaboration. There is Rei Kawakuko working with H&M and now you have architects that design shoes, illustrators that draw dresses and clothes. Do you think that’s a good thing, creative and positive or does it tend to makes things more common place?

GD: I think it’s a really good thing, I’m all for people trying to experiment in other areas of design. I think that designers and inherently creative people don’t like being compartmentalized. I think it’s great that people have got the opportunities to test other things. Some may work, some may not. Reach out to a larger audience to see ideas and creativity which can only be good things. It’s good as long as you retain the core values of what you are about and work really hard on that. I think it’s essentially a really good, interesting thing.

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Tanqueray No. Ten, world’s finest gin Martini. Art-Déco style designed by Giles

Me: About the internet, do you read fashion blogs? Do you know any of them?

GD: I go on a couple, yeah. I have a look on style.com. I have on look on boingboing. I often get to them by looking for something. This friend of mine does one blog on shoes, which is quite interesting.

Me: So you don’t specifically read fashion blogs?

GD: Sometimes, not everyday, no. But I do read them. I don’t follow them like a newspaper every day, it’s when researching or looking for something then I kind of get redirected around.

Me: Do you think internet is going to affect the relationship that people have with fashion, in general?

GD: Yeah, it increases your speed of seeing things, doesn’t it? You can see much quicker all around the world what’s going on. If you want to find out what’s going on in Reykjavik or Buenos Aires you can go in there and find things or find new stores. So, yeah… one thing that I do think is that it’s another channel for ideas to be seen.

Me: Isaac Mizrahi has asked web-surfers to send him some designs for a customized tee-shirt, then he’ll choose one and he’ll put it on his show and promote it. What do you think of this?

GD: Yeah, it’s great, it’s great fun. It’s brilliant for people to get access to things; you choose to enter the competition. It’s a bit of an interesting idea.

Me: What’s the last thing that struck you ? A movie, a picture you saw, trip you took?

GD: I was in Venice before it started flooding, about 7 to 8 days ago…which is really fantastic and I always really love going there. I was in Moscow the week before that, which I had never been to, which was really incredible. Kind of fascinating on lots of levels: of seeing the super amount of money to the complete lack of money. A very different dynamic to being in a European city, the way that everything is done. It’s really quite extraordinary; I’d like to have bit more of a look there. But in regards to a film, there was an interesting program on the television called Survivors. It’s about a group of people who find out that they are all alive after a large epidemic has wiped out a large amount of the population and I thought it was quite fascinating on how you would start dealing with all of that, it was pretty thought provoking.

Me: Future projects??

GD: Future projects…well, the collection which is paramount…and we do pre-collection now. We are doing a collaboration with Smythson, a kind of diary. We are doing some sketches of mine put onto some the notebooks and notepads and things which are being really beautifully done and really nicely printed. Um…what else are we doing? I mean, there are all sorts of things flying around, we are doing some more sunglasses, or tons of stuff.

Me: You are a great illustrator can you draw something for me (smiles)??

GD: Can I draw something for you? Dum, dum dum, what shall I draw for you ?… All right… (sketching noises)… This isn’t an example of a great illustration… But you can have, how about… there you go ! You can have a… mask ! Cut across the dotted line… Get the scissors out when you get home… There you go !

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Me: That’s great!!! Ha, ha, merci beaucoup!!!

Isabella Blow, RIP

Je viens d’apprendre la disparition d’Isabella Blow, icone excentrique incontournable de la mode et découvreuse de talents. Elle se fait connaître par le milieu de la mode au début des années 80, en étant assistante d’Anna Wintour, en 1986 elle sera directrice mode chez Tatler, puis chezVogue UK en 1993.

Je me souviens encore de nos têtes en ce jour de 1997, fraîchement sortis de notre école de mode, quand nous apprîmes qu’un ami de promo avait été repéré par « Sainte » Isabella Blow ! Il faut dire qu’elle avait déniché entre autres, Philip Treacy, Honor Fraser -so beautiful !-, Alexander McQueen ou encore Stella Tennant, soit de sérieuses références .

A cette époque, il y avait ces collaborations excentriques comme pour cette photo complètement folle ci-dessous, « Burning down the house »

 

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Alexander Mc Queen, Isabella Blow, sous la direction de David La Chapelle. L’aristocratie anglaise en prend un « vieux » coup…

Ou encore, les nombreux chapeaux-haute-couture-sculpture créés par Philip Treacy pour elle.

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Pour nous elle était « TOUT » et puis son aura, sa présence s’est quelque peu estompée ces dernières années, jusqu’à disparaître aujourd’hui.

R.I.P.

Alexander McQueen

Transversalité… Égal à lui-même, Alexander « Lee » (de son vrai nom) McQueen, après Puma, adapte son style dramatique et d’influence morbide à la nouvelle gamme de bagages « Black Label » de Samsonite.

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Ci-dessus, valise « squelette humain », mise en scène théatrale pour cet ancien costumier de théâtre (des années pendant lesquelles il a appris à se détacher du pur style Savile Row dans lequel il évoluait depuis l’âge de 16 ans).

Samsonite comme de nombreuses marques désormais, fait intervenir des designers sur une de ses gammes de produit, afin de s’attirer une nouvelle clientèle plus soucieuse du luxe et des créateurs. Les précédentes collaborations ont fait intervenir Marc Newton et Mathew Williamson.

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Le site de Samsonite Black Label

Bernhard Willhelm et la transversalité

Bernhard Willhelm, créateur d’origine allemande, diplômé de l’Académie Royale d’Anvers en 1998, a été successivement l’assistant de Walter Van Beirendonck, Alexander McQueen, Vivienne Westwood et Dirk Bikkembergs.

Son style, énergique, rempli d’humour, mêle parodie, recherches sur les volumes et imprimés très graphiques. Il fait référence aussi bien au costume folklorique de sa campagne bavaroise, qu’au boubou africain ou à la tenue de Superman…

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Ci-dessus Été 2006 ©vogue.com

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Ci-dessus Automne-hiver 2008

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Ci-dessus Printemps-Été 2007

Dès 1999, il crée sa propre marque et connaît un sacré succès lors du défilé de sa première collection femmes à Paris, Suzy Menkes lui adressant personnellement une lettre de félicitations !

De 2002 à 2004 il a été directeur artistique de la maison italienne Capucci, dont il lance le prêt-à-porter. En 2003, il fait défiler sa collection homme et plus récemment à créé une ligne de chaussures.

C’est cette personnalité à part, cet esprit « arty-intello », sans cesse en mouvement créatif, qui a déterminé le choix de l’artiste-chanteuse Björk. Le créateur s’est donc mué en artiste, en sculpteur plus précisement, le temps de la réalisation de la pochette du prochain album de la diva islandaise. On y retrouve les codes du style Willhelm, couleurs, volumes exagérés et humour. En marge du système dans lequel ils évoluent, ces deux créateurs semblent faits pour s’entendre et Björk, dont les précédentes collaborations l’ont emmené à cotoyer d’autres stylistes atypiques comme Jeremy Scott ou Alexandre et Matthieu est coutumière du fait.

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Ci-dessus, pochette de Volta, le prochain album de Björk. Sculpture par Bernhard Willhelm, photo de l’incontournable Nick Knight