Le Modalogue | Weekly #9

Semaine X
En commencannt ma semaine par le toujours dénudé Iggy Pop, l’accent était dramatiquement mis sur le thème du corps. Voir l’iguane depuis son studio de Miami interpréter un de ses tubes devant sa webcam avec des fans de NZ était ace

Semaine « à bras le corps »

Trop gros, trop maigre, trop grand, trop petit, morpholiposucé, bodybuildé, etc. Parler de la mode, c’est s’intéresser au corps quel qu’il soit…

En commencant ma semaine par le toujours dénudé Iggy Pop, l’accent était dramatiquement mis sur la thématique du corps. Voir l’Iguane interpréter un des ses tubes et se déhancher devant sa webcam avec des fans de Nouvelle Zélande laisse rêveur sur les chemins que peut prendre le « collaboratif »…

Il y a eu le calendrier Pirelli et les rondeurs de Lily Cole

Puis j’ai rencontré Jacques, adepte d’un autre type de collaboration corporelles… Jacques un prénom qui fleure bon les années 70, Jacques magazine (dispo chez Colette) est le dernier représentant de ces publications apparues ces dernières années et qui rendent ténue la frontière entre mode et érotisme. Voire aussi ce que font Terry et Olivier. Les excellents S Magazine, Purple Sexe et Paradis ont élus domicile depuis longtemps sur cette lisière entre art et sexe, luxe et luxure, et n’hésitent pas à interviewer Damien Hirst ou John Currin. Glossy, seventies oriented, arty ou intello, ces magazines prônent avant tout un esthétisme digne des meilleurs magazines de mode et réinventent la formule des Playboy et Lui de cette époque.

L’acmé de la semaine je l’ai partagé IRL(1) avec quelques gentlemen. Une soirée parisienne, un brin « canaille » au Secret Square (ex Stringfellow) organisée par Gaëlle. Entre deux coupes de champagne, des échanges sur notre admiration pour Charles Denner (vous savez l’homme pour qui « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie »), nous avons pu apprécier la dentelle, les plumetis, les effeuillages et les courbes du corps de Bianca, Charlotte et Renatta.

Tout ces errances corporelles ont rappelées à ma mémoire une conversation que j’avais eu avec Laetitia Bica sur la place du corps dans sa création artistique; un corps travesti, maquillé, artificiel… qu’elle fixe habilement sur ses photographies.
D’autres images à découvrir sur ce blog, qui compile les photos « sexy » des magazines de mode et tendance, on y retrouve Muse, Mixte, Flair, etc. toutes les stars et top-models.

À consulter également Le blog du corps, un blog qui oriente notre regard vers des domaines où le corps s’exprime et vers lesquels on irait pas naturellement.

Luxe et luxure (licence de luxe)

 

Les jeunes gens des toiles de Terry Rodgers mis en scène de façon quasi-photo (et porno)graphique appartiennent à n’en pas douter à l’upper class, ils sont beaux, jeunes, multi-ethniques, riches et surtout blasés, des personnages de cire dont le regard ne se croise jamais…

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Screening room, 2006

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Artificial boundaries

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Love big

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Resting on her laurels, 2006

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This is our youth

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Terry Rodgers leaving his studio

Outre le style figuratif du peintre arrêtons-nous sur le côté fashion decadent de ces parties fines. Elles se déroulent dans des intérieurs feutrés, oscillants entre un style « à la palais de Venise » et une Nouvelle-Angleterre en plein relâchement.

A n’en pas douter ces « happy fews » ne laissent choir que des vêtements et des parures de créateurs.

Au petit matin on trouverait éparpillés deci delà, des déshabillés La Perla, des culottes Agent Provocateur, des petites choses Prada, des colliers d’Erickson Beamon, des caleçons Emporio Armani, des bijoux Heart de Swarovski ou Chanel, des chemises Dolce, des trucs en plumes, des tulles fins et précieux, des soieries, etc… Le tout porté par des jeunes gens alanguis tout droit sortis d’une pub Calvin Klein.

Tout çà est gentiment porno et surtout très chic.

Un tohu-bohu sexuel et sensuel qui rappelle la dernière campagne Pirates et Season of the witch d’Agent Provocateur, à la différence près que la luxure pour la maison créée par Joe Corre est festive et parodique, il y a là une dimension théâtrale.


Pirates


« Season of the witch » ou l’excentricité britannique au service de l’orgie.

Dans la campagne de communication de la marque du fils de Vivienne Westwood, ci-dessus, on entendrait presque les rires, les cris et les hourras, nous sommes au spectacle.

Dans la peinture de l’américain Terry Rodgers, on entendrait presque les râles et les soupirs, le bruissement des perles et des étoffes, on ressent l’atmosphère torride, la moiteur des corps, on respire le parfum de la luxure, il fait chaud on y est.

Sur le thème de la luxure et du luxe je vous invite à visiter le très beau site de Coco de Mer, autre enseigne britannique néo-baroque de lingerie érotique de luxe.

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John Currin vs Lucas Cranach : la battle

Il y a quelques artistes que j’affectionne particulièrement en peinture. Picasso, Mark Rothko, Cranach et plus récemment John Currin.

C’est dans le métro ce matin, en lisant un papier sur l’expo Moi,Véronique Branquinho TOuTe NUe(1)(2) que cela à fait tilt dans ma tête.

Vous voyez le tableau derrière la créatrice belge ? À la première seconde où je l’ai vu j’ai cru que c’était un Currin alors que c’est un Cranach en fait non j’ai cru que c’était un Cranach alors que c’est un Currin… subitement l’illumination ! Ces deux peintres dont j’apprécie énormément l’œuvre ont des points communs…

On retrouve dans les toiles présentées ci-dessous, le même maniérisme dans les poses, les doigts, les corps légèrement déformés, le fond uni sombre, etc. Le style de Currin est parfois qualifié d’American grotesque.

Je vous laisse apprécier les quatre œuvres ci-dessous.


Lucas Cranach, Lucretia


Lucas Cranach, Venus


John Currin


John Currin, Honneymoon nude, 1998

(1) TOuT NUe, pour TOT NU signifiant until now(2) concernant l’expo, vous pouvez lire un résumé chez Géraldine

 

Lectures

Quelques magazines que j’ai découvert récemment ou au cours de l’année passée. Tous ces magazines ont, bien sûr, un lien avec l’univers de la mode. J’ai profité des vacances pour en refeuilleter certains, voire lire ceux que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir…

Paradis, magazine pour l’homme contemporain

Découvert en début d’année dernière avec le numéro Printemps-Été, ce magazine a rapidement remporté mes suffrages. Couverture noire, un visuel poétique, ludique et recherché. Typo de type institutionnel, non soumise aux tendances éphémères. Papier satiné, mat, épais et chaud, procurant une certaine sensation de confort et de luxe pas clinquant.

La photographie est très belle. Des femmes, beaucoup de femmes, belles, nues ou à demie-nues, jamais vulgaires. Des sujets éclectiques, pointus, sur des personnalités connues ou moins connues sur plus de 300 pages ; pour le numéro 2 citons un article sur le peintre John Currin, les photos « très nature » de Jock Sturges, un article sur le journal The Economist, le commissaire-priseur Simon de Pury, des boxeurs, Juergen Teller, Jerry Hall, les huîtres et j’en passe.

Faisant suite à un article sur un de mes peintres favoris, John Currin, une série de photo inspirée de ses réalisations.

Très belle série photo de Jock Sturges

Un magazine à lire, à feuilleter, à refeuilleter et à conserver.

Le Paradis c’est ici


Playboy, le retour

Juliette Binoche en couverture du premier numéro de la nouvelle formule de Playboy. Une couverture qui n’est pas sans rappeler la série de clichés prises par Bert Stern avec Marilyn Monroe (ci-dessous).

L’année passée a vu la refonte de l’édition française du magazine Playboy.

Invocation de Karl Lagerfeld himself pour le premier numéro. Chroniqueurs du moment (Frédéric Beigbeder, Nick Kent, Éric Dahan, Yan Céh, Ora Ito, etc.). Interviews et chroniques des personnalités hype (Sébastien Tellier, Katerine, Colette, etc.). Des couvertures/playmates à sensation puisque l’on y trouve successivement Juliette Binoche, Julie Ordon ou Ludivine Sagnier.

Bien que le contenu fasse constamment référence aux marques de mode et aux créateurs, la maquette, elle, reste (volontairement ??) basique, voire pauvre, en tout cas pas en accord avec l’univers suggéré par les personnalités sus-cités.

Certes, la couverture avec Juliette Binoche est très belle et laissait augurer d’un contenu à la hauteur de celle-ci. Mais j’ai trouvé la séance photo avec l’actrice peu crédible,on s’attend à des photos moins abstraites de la part d’une actrice si « entière ».

L’ensemble du magazine (articles et photos) déçoit, on ne renoue pas avec l’esprit « club » de ses débuts américains.

Les énièmes interviews de Roberto Cavalli ou Hedi Slimane, très vendeurs en ce moment, me semblent plus être des faire-valoirs pour un magazine en quête de crédibilité mode.

Logiquement, je n’ai donc pas acheté le dernier numéro avec Ludivine Sagnier, Géraldine en fait une chronique plus enthousiaste que la mienne, ce qui vous permet d’avoir un autre point de vue sur le magazine.

Ci-dessous, un exemplaire de ma collection (merci eBay)

Playboy France avant Juliette Binoche c’était çà…

Il serait intéressant de voir l’érotisme et le charme traités à leur manière, par des illustrateurs comme Monsieur Z, Garance Doré, Mateo, Arthur de Pins, Soledad Bravi, ou encore David Downtown (et aussi ici), Jean-Philippe Delhomme, Jason Brooks, Julie Verhoeven


Business l’Officiel

L’Officiel a publié en 2007 deux numéros de Business l’Officiel, magazine dont je ne pensais pas qu’il verrait le jour une deuxième fois. Le magazine s’adresse aux femmes d’affaires ayant de hautes responsabilités au sein de grandes entreprises, aux dirigeantes, aux femmes politiques soucieuses de leur apparence… La cible est bien au-dessus des vingt ans, cet âge où l’on doit encore faire ses preuves.

Les rubriques abordées couvrent les champs de l’actualité (Économie, Relations internationales…), le Luxe et l’Art de vivre (Mode, Accessoires, Culture, Tourisme…), la High-Tech et la Beauté/Forme.

Les différentes pages mode font la part belle au tailleur, vêtement par excellence de la femme de pouvoir ; là où je craignais une sélection ultra-classique (voire ringarde), on trouve un choix assez équilibré (de Escada à Balenciaga), adapté à la vision que l’on peut se faire d’une femme d’affaires/politique d’aujourd’hui(1), le choix des accessoires permet logiquement des écarts et des excentricités puisque l’on trouve dans la sélection du dernier numéro la série « cloutée » (Waow !) de Burberry Prorsum ou les Richelieu un brin SM de Givenchy.

Le magazine s’adresse donc à une passionnée de mode, qui saura savemment doser sa tenue.

Très intéressant aussi, le contenu rédactionnel. Pour ce second numéro : le dossier Pouvoir et séduction, le portrait d’Annie Bois, Directrice des Galeries Lafayette, la série d’interviews de femmes de la com, Chandy Chasal, Donie Mamikunian ou encore Sophie Douzal-Sarkozy, des femmes qui font rarement la une des journaux mais que l’on trouve derrière le Comité Colbert, Swarovski ou encore Vertu.

Un article sur les femmes d’influence dans le monde, de Angela Merkel (première au classement Forbes) à Anne Lauvergeon (présidente d’Areva), en passant par Wu-Yi (vice-premier ministre chinoise), Condolezza Rice, Patricia Russo (présidente d’Alcatel Lucent) ou Ho Ching (présidente de Temasek Holding, une des plus puissantes sociétés d’investissement de Singapour).

Pour finir, je vous cite aussi un intéressant petit sujet sur Sarah Ruston(1), la fashion director de Lane Crawford, le Bergford Goodman asiatique.

Un magazine très intéressant qui nous éclaire sur une cible très précise, mais néanmoins très variée que l’on voit rarement représentée ainsi dans les médias…

(1) que le Sartorialist a shooté il y a quelques mois.


Intelligent Life, lifestyle ‘intelligent »…

Lancé en fin d’année dernière par le journal The Economist, Intelligent Life (un peu snob comme titre ?), se présente comme un magazine d’art de vivre, qui paraîtra quatre fois par an.

Parmi les quatre magazines que je cite dans ce billet, c’est celui qui est le moins axé sur la mode proprement dite, c’est aussi ce qui le rend intéressant. Tourisme, Culture, Nouvelles technologies, Photographie etc. sont au programme de ce magazine qui s’adresse à une clientèle « haut de gamme » et cultivée.

Le numéro de cet hiver propose pour la première fois au cours des 164 ans de parution The Economist une série mode, incluse au sein de la timide rubrique Flair, Style with substance (tout un programme) ; on y trouve un petit article sur la joaillerie et la mémoire familliale, plus précisement les nouveaux bijoux de famille, une brève sur Roland Mouret et deux petits articles de shopping international.

Cette publication propose un autre angle de vue que Wallpaper, Business l’Officiel ou Monocle qui sont peu ou prou sur le même secteur du lifestyle CSP++. Des sujets sur la mode proposés par la rédaction de cet auguste journal, je trouve ça plutôt intéressant à suivre.

Deux photos de la série heirlooms (joaillerie de famille)

Pour avoir un avant-goût.

 

Bela Borsodi

Ce photographe d’origine aurichienne possède l’art de réaliser des compositions mêlant la photo à d’autres éléments. Illustrations, découpages, objets design ou sculptures s’intègrent parfaitement et prennent vie au sein de ses compositions tantôt surréalistes, érotiques ou ludiques.
Mis à part les pages accessoires de Numéro, je trouve que la présentation des accessoires dans les magazines de mode est souvent le parent pauvre, c’est donc naturellement que j’ai eu un gros coup de cœur pour ce photographe. Il compte parmi ses clients, Another Magazine, Glamour Italy , Kid’s Wear, Vogue, Hermès, Details ou encore V Magazine.

Des compositions créatives et variées, à suivre et dont on pourra s’inspirer.

Stern, 2006

S Magazine, 2006

Vogue Japan, 2006

Another Magazine, série « Faces » avec Paul Graves, 2003

Details, 2006

V Magazine, 2007

Kid’s wear, 2006

Hermès, 2003

Son portfolio à visionner en entier…